Rouxel Jean - mardi 11 mars 2008
Le premier tour des municipales nous montre une forte poussée de la gauche. Certes, on ne peut pas dire que le gouvernement soit massivement rejeté : 14 ministres ont été élus ou réélus dès le premier tour. C’est également le cas pour Alain Juppé à Bordeaux. Certes aussi, et surtout, nous nous situons dans un scrutin à deux tours et les exemples ne manquent pas de rééquilibrage entre les deux tours. Rien n’est donc joué, à ce stade. D’autant moins que six millions de Français qui s’étaient rendus aux urnes aux présidentielles ne se sont pas déplacés dimanche. Le deuxième tour dépendra largement de la mobilisation de ces électeurs.
Pourtant, le résultat le plus clair, au lendemain du premier tour est bien cette forte poussée de la gauche. Cette poussée s’observe évidemment autour de quelques grands symboles : Rouen et Caen passent à gauche dès le premier tour. Paris, Lyon et Lille sont assurés de rester socialistes. Strasbourg risque de connaître le même sort.
Cette poussée s’observe aussi aux cantonales, où le triomphe du PS apparaît plus éclatant encore : selon toute vraisemblance, François Hollande et Arnaud Montebourg seront les prochains présidents des conseils généraux de Corrèze et de Saône et Loire.
Mais cette poussée s’observe aussi avec le retour du PC, qui, non content de résister dans la plupart de ses « fiefs », reprend Dieppe. L’extrême gauche, de son côté, réalise des scores non négligeables, malgré ses fréquentes incohérences tactiques et doctrinales
Et, inversement, cette poussée de gauche se traduit par une absence de poussée du Modem, dont personne n’a pu savoir s’il était de centre-gauche ou de centre-droit. Et surtout par un maintien du marasme électoral pour le Front national (même s’il est vrai que les scrutins locaux ne lui sont pas favorables).
Autant dire que, si ce résultat se confirme au second tour, la réforme sera difficile à mener pour le gouvernement.
D’ailleurs, il n’est pas sûr que la volonté de réformer soit très forte au sommet de l’État. En tout cas, à la moindre rumeur de contestation syndicale ou de risque électoral, la majorité s’empresse de donner dans la surenchère pour l’État-Providence, s’engluant dans cette histoire de « pouvoir d’achat » (comme si, pour augmenter le pouvoir d’achat, il ne fallait pas libérer l’économie, plutôt que de sommer la grande distribution de diminuer ses marges !). Ajoutons que la crise économique s’étend et l’on aura les ingrédients d’une inquiétude justifiée…
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