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N’oublions pas les trois composantes de la crise : politique, financière, géopolitique. Il faut y faire face avec lucidité


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de Beaufort Hubert - lundi 17 octobre 2011

dette
Dans Le Figaro, François Vidal décrit bien le rôle dominant des politiques, dans la crise actuelle. Pour eux, les dettes de Etats représentaient un risque zéro et après la faillite Lehman, les régulateurs avaient même imposé aux banques du vieux continent de placer une partie de leur trésorerie en obligations d’Etat, Grèce comprise.

Il est vrai qu’au fil des mois, le doute s’est instillé, mais le 21 juillet le tabou s’est brisé d’un seul coup lorsque les dirigeants européens ont demandé aux créanciers d’abandonner une partie de l’ardoise grecque. Le mal aurait pu être circonscrit si les responsables politiques avaient assuré que les risques de contagion seraient évités. C’est le contraire qui s’est produit en laissant croire que d’autres défauts étaient possibles.

Bien entendu, le système bancaire s’en est trouvé déstabilisé, car encore une fois, ce sont les Etats qui par leur politique donnent au système financier les voies de la politique économique. Si la Suisse est un paradis fiscal, on oublie de dire que son industrie pèse deux fois plus en pourcentage que celle de la France, que sa balance commerciale est bénéficiaire, que son budget est en équilibre, que le chômage est marginal.

Présentons un tel bilan, cela deviendrait un rêve français.

Si la dette des Etats constitue la raison première de la crise, les techniques de marketing s’appuyant sur les techniques financières ont permis à la spéculation de faire exploser l’immobilier, en Espagne comme aux Etats Unis.

Concernant l’Espagne, elle construisait autant de logements que la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne réunis : une absurdité macroéconomique que les gouvernants de Madrid n’ont jamais dénoncée.

Aux USA, les crédits à taux variables étaient accordés sans prendre en considération la solvabilité de l’acquéreur du logement, avec comme argumentaire : l’immobilier est un bien dont la valeur ne peut que progresser.

Madoff avait fait école sans susciter la moindre réaction, ni des Instituts économiques, ni des politiques.

L’histoire des spéculations passées aurait pu aussi servir de leçon : il n’en a rien été. Pourquoi ? Nous vivons une époque ou le consommateur comme le citoyen se trouvent sous la pression constante des médias, eux même dominés par la publicité. Il faut consommer car la croissance se veut d’abord une croissance de la consommation. Le PIB en dépend dans cet univers occidental où les secteurs productifs sont minoritaires, avec une agriculture qui ne pèse plus que 1 % de ce même PIB !

On hésite à dire que la crise est peut-être aussi une crise de civilisation. Mais on ne peut oublier la géopolitique, à une époque ou la mondialisation nous envahit pour le meilleur et pour le pire.

Les crises et les guerres dominent aujourd’hui la géopolitique. Comment se termineront les guerres d’Irak et d’Afghanistan ? Comment se termineront les pseudo révolutions démocratiques du sud de la Méditerranée, que l’Occident applaudit sans se rendre compte que ces révoltes sont celles de la faim pour des populations faisant face à des explosions démographiques les poussant à l’exil ?

Le XXIème siècle nous pose donc de redoutables défis. Sachons y répondre avec la détermination nécessaire. Une certitude : les jeux politiciens ont fait leur temps, ni le présent, ni l’histoire ne les accepteront.


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