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Ni détestation, ni adulation des Etats-Unis |
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Courrier - mercredi 01 juin 2011
Il est certainement stupide de détester l’Amérique (USA). Faut-il pour autant l’aduler, comme certains auteurs ici ? Je me refuse à m’engager dans l’amour aveugle ; j’ai passé l’âge !
Voyons quelle fut l’attitude (désintéressée ?) des USA, face à l’Europe, et à la France en particulier.
Je suis absolument d’accord sur le fait que, sans l’aide américaine, la chasse aux nazis eût été extrêmement difficile. Tout le monde est d’accord là-dessus. Fut-ce pour autant totalement désintéressé ? Je ne le crois pas. En 1944, les USA pouvaient-ils se permettre le luxe de laisser progresser les Russes et, de ce fait, conduire à une Europe communiste ? Assurément, la réponse est négative.
Dans cette affaire, les USA ont joué la carte de l’intérêt, ce que je ne saurais leur reprocher. Je note aussi que certains documents indiquent clairement que les USA ont balancé un certain temps entre aider l’Allemagne et son idéologie de l’époque, ou aider le reste de l’Occident. Il est clair (pour moi) que l’infléchissement qui a eu lieu, nous le devons beaucoup plus à Churchill qu’aux Américains.
Plus près de nous, nous devons également parler de l’ineptie de la construction européenne et de l’implication sous-marine concrète des USA dans cette construction aussi absurde que cynique. Cela devient assez évident quand on voit la politique étrangère américaine, qui pousse outrancièrement l’Europe à intégrer la Turquie.
Quant aux deux guerres américaines, Irak et Afghanistan, il faudrait raison garder, autant que faire se peut – ce qui est loin d’être facile. Je me garderai bien d’affirmer qu’ils ont eu raison ou tort, tout simplement parce que je n’en sais rien !
Ce que je vois par contre, pour l’Afghanistan, c’est qu’ils ont armé les talibans pour contrer la Russie. Erreur stupide, que la Russie a vite comprise : elle a « refourgué » le cadeau empoisonné aux USA ! Les Russes ont, au moins, tiré leçon de leur erreur…
Maintenant, quand on sait que si la drogue disparaissait du jour au lendemain, l’économie (fictive) mondiale s’écroulerait, on comprend aussi la persévérance US. Il faut aussi ajouter à cela le besoin politique des USA d’avoir une présence dans la région. C’est une question économique, stratégique, politique, vitale pour eux.
Je voudrais rappeler ici cette incontournable maxime de Confucius : Un homme normal apprend de ses erreurs ; un homme intelligent de celles des autres ; un imbécile, pas même des siennes…
Pour l’Irak, le problème me paraît tout aussi scabreux. Fallait-il, ne fallait-il pas ? Je n’ai pas la réponse. Tout ce que je sais, c’est ce que m’enseigne ma modeste connaissance de l’islam. Et là, on mesure tout le fossé qui existe entre les idéologies occidentales de peuples relativement en avance, techniquement et civilisationnellement parlant. Il apparaît d’emblée que le fossé ne peut être comblé en quelques années. Avant de vouloir apporter la démocratie à des peuples qui n’en veulent à aucun prix, il faudrait peut-être prendre conscience que tout changement ne peut être profond et sincère que s’il répond au souhait inconscient, mais impératif, des personnes.
Vouloir imposer une pseudo-démocratie à des gens qui vivent avec une idéologie vieille de 1 500 ans, voilà qui relève du non-sens le plus absolu.
Martin Roger
Je reste pourtant persuadé que le peuple américain est un peuple qui a de la ressource. N’oublions jamais que ceux qui ont formé les États-Unis sont des gens qui ont abandonné leur patrie et sont partis vers l’inconnu, bien décidés à conquérir des territoires, non pas vierges, mais assurément occupés par des ethnies ne partageant pas du tout leurs valeurs ni leurs idéologies.
L’inconscient collectif – si cher aux psys de tout poil – fait que ce peuple reste encore un peuple conquérant et sa propension à vouloir enrégimenter le reste du monde (comme l’a montré, encore récemment, la critique du président américain contre notre loi sur la burqa) en est la preuve la plus manifeste.
Ce commentaire n’a aucune prétention. Simplement, l’engouement de certains envers les États-Unis me paraît totalement excessif et il me semble nécessaire d’y regarder à deux fois avant d’aduler le messianisme américain. Les Français ne sont pas des anges, mais je ne crois pas que, outre-Atlantique, on déroge à la règle !
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