Rouxel Jean - mardi 28 août 2007
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Nicolas Sarkozy est en empathie avec les victimes. Le 20 août, il reçut le père et le grand-père du petit Enis Kocafurt, ce garçonnet violé par un pédophile récidiviste. Le 22 août, il assista aux obsèques du marin pêcheur breton accidenté au large d’Ouessant par un cargo kiribatien. Le 23 août, il reçut Chouaib Lusikama, lycéen d’origine angolaise victime pendant six mois d’insultes racistes de la part d’un professeur, et son père. Le même jour, il vit les proches du journaliste franco-canadien « indépendant » Guy-André Kieffer - disparu en Côte-d’Ivoire depuis avril 2004.
Le 24 août, il s’entretint avec les familles de Chantal Klimaszewski et Lucette Gariod, les deux aides-soignantes assassinées par un malade en décembre 2004 à Pau. Après, il visita des victimes d’un autre genre : les pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz mécontents de la décision de la Commission européenne, prise en juillet, de ne pas rouvrir la pêche à l’anchois dans le Golfe de Gascogne…
Ces tâches sont traditionnellement dévolues aux ministres, quand ce n’est pas aux préfets. L’activisme de Sarkozy évoque les dictatures des pays sous-développés, dont les présidents font tout.
« Je veux rester un président de la République proche des Français, qui réagit avec eux », dit-il. « Le Canard Enchaîné » surnomme le chef de l’État « SuperSarko », allusion à Superman. Son activisme résulte de son tempérament trépidant - « Je ne sais pas m’économiser », dit-il. Cela l’a servi dans la conquête du pouvoir et des médias. Il n’imite pas De Gaulle qui, président de la République, se produisait avec parcimonie dans les médias. Les temps ont changé, explique-t-il : la télé et Internet imposent une exposition permanente.
Jusque-là, ce registre de l’émotion - sincère - a été payant : Sarkozy bénéficie de 69 % – et François Fillon de 63 % - d’opinions favorables dans le sondage Ifop/JDD de dimanche dernier. L’euphorie estivale contribue à soutenir la popularité du tandem gouvernemental. Mais les nombreuses démonstrations d’empathie du chef de l’État ne le dispenseront pas d’obtenir rapidement des résultats concrets en matière d’économie, de sécurité et d’immigration.
S’ils venaient à faire défaut, le rejet de Sarkozy par l’opinion publique serait à la mesure des espoirs qu’il a suscités. Le dégrisement pourrait commencer à la rentrée, avec les factures entassées dans la boîte aux lettres, les grèves des transports en commun et les mauvaises nouvelles au bureau…
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