Rouxel Jean - mercredi 11 février 2009
europe
Les élections européennes se rapprochent, la campagne commence un peu partout, mais on ne sait toujours pas dans quel cadre institutionnel elles se dérouleront : traité de Lisbonne si celui-ci est ratifié d’ici juin par les 27 pays membres ou traité de Nice.
Il est parfaitement extravagant que, moins de quatre mois avant une élection, on ignore encore – entre autres choses – le nombre de députés que nous allons envoyer à Strasbourg. Mais cela nous donne du moins l’occasion de faire le point sur la ratification de ce fameux traité de Lisbonne, que tout le monde semble avoir oublié en France.
À ce jour, presque tous les pays de l’Union ont ratifié – par voie parlementaire, cela va sans dire ! – ce traité qui, pour l’essentiel, reprend les dispositions du Traité constitutionnel européen, naguère rejeté par la France. Manquent à l’appel l’Irlande, la Pologne et la Tchéquie.
Comme les élites européennes savent mieux que les peuples européens ce qui est bon pour eux, malgré sa « mauvaise réponse », l’Irlande aura une « deuxième chance ». Et, pour que, cette fois-ci, les Irlandais ne se trompent pas de bulletin, Bruxelles leur a fait savoir qu’en cas de victoire, l’Irlande garderait « son » commissaire européen…
Il n’est pas certain que les électeurs apprécient ce chantage. Cependant, les dernier sondages laissent supposer que, cette fois, l’Irlande ratifierait le traité de Lisbonne à 58 %.
Le problème pour l’UE vient maintenant de l’Est. Le Président polonais ne se presse pas pour promulguer le traité, ratifié par la Diète. Mais, c’est surtout à Prague que se joue actuellement le sort des institutions européennes. Et manifestement, les « grands » pays, tout spécialement la France, font tout pour irriter Vaclav Klaus. Ce dernier n’a pas besoin de cela pour être fort réservé devant la construction européenne, mais, en un mois et demi, Nicolas Sarkozy a multiplié les gaffes, les boulettes et les insultes.
Il a récemment, à propos du plan de relance de l’automobile, critiqué les délocalisations « en Tchéquie ou ailleurs ». Et il vient de demander une réunion de l’Eurogroupe pour parler de la crise. Or, la Tchéquie, qui préside actuellement l’UE, n’est pas dans l’euro. Vaclav Klaus n’a pas apprécié le geste. Nicolas Sarkozy veut-il torpiller le traité de Lisbonne ? En tout cas, après Chirac taclant les Polonais à propos de l’Irak, nous constatons que les présidents français ne sont décidément pas doués pour les relations avec les nouveaux pays de l’UE !
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