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Nicolas Sarkozy est-il réformateur ?


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Mathieu Alain - mercredi 05 juillet 2006


Nicolas Sarkozy a prononcé, à Agen, le 22 juin, un important discours-programme. Il s’est adressé à la majorité des Français, « la France qui n’est pas dans la précarité, qui se lève tôt, qui travaille dur ». Il lui a dit que la « France nouvelle » ne serait plus celle où « l’on ponctionne les classes moyennes soi-disant pour aider les pauvres ».

Il veut donc qu’il n’y ait plus d’« assistance sans contrepartie ». Il veut une « diminution des charges qui pénalisent le travail », « ralentir l’immense pompe aspirante de la redistribution », et « que chacun soit libre de choisir son rythme de travail ». On ne peut qu’approuver ces objectifs.

Il veut aussi, et surtout, « une politique économique qui tende au plein-emploi ». Objectif également louable. Mais comment ?
Bien qu’il annonce, sans en donner la moindre mesure d’application, que « la France a aussi besoin de maîtriser sa dépense publique », il n’envisage pas, en réalité, de réduire les dépenses publiques, car il faut « se donner des marges pour l’investissement et l’innovation »… Il affirme même, sans chercher à la prouver, « cette simple vérité que ce n’est pas le déficit qui crée le chômage ». La dette ne sera remboursée « que par la croissance ». Il avance curieusement, de façon alambiquée, que « faire semblant de croire que l’on peut réformer quand l’économie stagne… c’est se condamner à ne jamais réformer ». Traduction : l’économie n’étant pas en croissance, il n’est pas actuellement possible de réformer…

La réforme n’est donc pas pour le début de la législature, puisqu’il faudra attendre la croissance. Nicolas Sarkozy ne mentionne d’ailleurs plus la « revue des programmes » qui, dans le programme économique de l’UMP annoncé il y a 10 mois, était le moyen privilégié pour diminuer les dépenses publiques. Il ne parle plus de la loi sur le « service minimum » qui figurait aussi dans ce programme, seul moyen d’empêcher les syndicats du secteur public de bloquer les réformes et les diminutions de dépenses publiques.

Il se contente d’annoncer qu’en cas de grève serait organisé un vote à bulletin secret « dans les 8 jours qui suivront tout déclenchement de mouvement social ». Un vote avant tout déclenchement serait autrement plus efficace.
Cette conception de la gestion des finances publiques est proche de celle des socialistes, qui comptent eux aussi financer leurs nouvelles dépenses sociales par une croissance supposée…

Cette conception de l’économie n’a rien à voir avec celle des dirigeants politiques du Canada, de la Suède, des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Irlande, de la Finlande, du Luxembourg, de l’Autriche… qui ont réduit massivement le chômage dans leur pays. Ils ne se sont pas dits : « relançons l’économie avant de réformer ». Au contraire, ils ont commencé par réduire les dépenses publiques, ce qui a ramené la croissance et le plein-emploi. La réforme a précédé la croissance.

Pour Nicolas Sarkozy, la cause principale du chômage actuel dans notre pays serait « la réévaluation de l’euro » causée par la politique restrictive de la Banque centrale européenne. Il veut donc « un véritable gouvernement économique de la zone euro ». « Demandez-vous pourquoi les pays européens qui enregistrent les meilleures performances… comme le Danemark, la Suède ou l’Angleterre sont en dehors de l’euro » ? Aurait-il oublié l’Espagne, l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche, qui eux sont dans l’euro, et n’ont pas eu besoin pour se réformer d’un gouvernement économique européen ? En réalité, cette demande - qui n’a aucune chance d’être acceptée par nos partenaires - n’est qu’un prétexte, pour retarder les réformes.

Quand Nicolas Sarkozy s’attaque au « dumping fiscal », dont seraient coupables les pays de l’Est européen qui baissent leurs impôts, quand il défend la préférence communautaire, c’est-à-dire les protections dont s’entoure l’Europe, au détriment des pays en développement, quand il demande une relance de la politique industrielle, quand il menace de « tolérance double zéro » les « patrons-voyous » qui délocalisent leur production, il confirme les tendances étatistes dont il avait fait preuve comme ministre des Finances.

Après 25 ans de pratique de l’étatisme chiraquien, Nicolas Sarkozy est-il partisan de la « rupture » avec le chiraquisme ? On peut de plus en plus en douter.


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« Si Chirac garde Villepin, cela ne peut profiter qu’à la gauche. Ca voudrait dire qu’il joue le pourrissement », disait il y a deux mois François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, en pleine affaire Clearstream. Le 26 juin dernier, le Président de la République a annoncé qu’il renouvelait sa confiance à son Premier ministre… Actualité Française

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