Rouxel Jean - mercredi 19 septembre 2007
sarkozy, economie, allemagne, euro
Nicolas Sarkozy et ses ministres courent d’un front à l’autre de la communication comme des furets, faisant un vacarme assourdissant en France et à l’étranger.
À Berlin, l’ambiance est tout autre. Angela Merkel n’a pas le charisme et le sens de l’esbroufe de Sarkozy. Elle et sa coalition gouvernementale travaillent à l’allemande, de façon régulière et méthodique, avec une communication sobre et classique.
Ce sont les résultats de la chancelière qui assurent sa communication. L’économie allemande vient de sortir pour la première fois du rouge depuis la chute du Mur de Berlin, enregistrant un excédent de ses comptes publics de 0,1 %. Elle satisfait de nouveau aux critères de Maastricht. Il est vrai que Merkel a osé procéder à une augmentation de la TVA de trois points (de 16 % à 19 %) en janvier 2007, dont
1 point affecté au financement de la baisse des cotisations chômage. La croissance économique allemande est estimée à 2,5 % pour l’année en cours.
La croissance française (1,8 %) fait piètre figure. Il faut accorder à Sarkozy une circonstance atténuante : il n’est chef de l’État que depuis quatre mois - c’est un peu tôt pour établir un bilan - tandis que Merkel est au pouvoir depuis novembre 2005. Et la chancelière allemande a bénéficié de l’effet des réformes libérales que, tout social-démocrate qu’il était, son prédécesseur Gerard Schröder avait su mettre en œuvre.
Mais l’accession à la présidence de la République de Sarkozy n’a pas envoyé à l’économie française l’électrochoc qu’il avait laissé espérer lors de la campagne présidentielle. Cherchant des boucs émissaires, le Président français pétarade contre l’euro fort, et contre Jean-Claude Trichet, le directeur de la Banque centrale européenne (BCE), qu’il accuse de ne pas diminuer drastiquement les taux d’intérêt. Merkel, elle, perpétue la sacro-sainte tradition allemande de non-ingérence dans la politique monétaire de la Banque centrale. L’euro fort n’empêche pas l’Allemagne d’avoir un fort excédent commercial.
Les manières politiques des deux chefs d’État sont aussi à l’opposé. Sarkozy proclame la fin du clivage gauche-droite, recrutant des ministres et chargés de mission dans les rangs du PS, essayant même de débaucher des membres ou sympathisants du Parti communiste. Merkel ne cherche pas du tout à nier les différences entre la gauche et la droite. Elle prend soin de renouveler les accords de coalition, tout en évitant les provocations inutiles vis-à-vis de la gauche.
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