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Nicolas Sarkozy : le moins pire des candidats |
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Milliere Guy - mercredi 18 avril 2007
elections-presidentielles, sarkozy, liberalisme
Il n’est incontestablement pas facile pour un libéral de faire son choix lors des élections présidentielles. Les candidats socialistes de diverses obédiences abondent, la défense de la liberté d’entreprendre, des droits de l’être humain, des opportunités offertes par la mondialisation est quasiment aux abonnés absents.
Les responsables de cette situation sont nombreux : on pourrait évoquer ces entrepreneurs qui ne soutiennent pas le combat des idées, et qui ne doivent pas s’étonner, en ces conditions, si entreprendre en France est de plus en plus difficile. On pourrait évoquer la sous-information de la population par des journalistes dont seule une minorité comprend quelque chose à l’économie.
On pourrait parler du fait que l’enseignement, l’édition, la culture ont été abandonnés aux ennemis de la liberté. Si Pascal Salin vient de publier un excellent livre sur lequel je reviendrai, les livres de qualité ne sont pas légion dans les librairies. Claude Allègre vient de publier lui-même un ouvrage courageux sur l’environnement, et j’en traiterai aussi, mais son ouvrage sera noyé sous le torrent des imbécillités écologistes.
Faute de pouvoir choisir le meilleur candidat, il reste à choisir le moins pire. C’est selon cette logique que j’ai dit que je voterai Sarkozy. Je voudrais ajouter ici un élément supplémentaire qui me conforte dans ma décision.
Dans un contexte de campagne électorale, les critiques, les invectives, les propos de mauvaise foi peuvent pleuvoir. Mais lorsqu’il s’agit de Nicolas Sarkozy, les limites de la décence se trouvent vite atteintes.
Sur un site « de gauche », on peut voir des bandes vidéo où alternent appels à la violence et à l’émeute, et fantasmes consternants sur les conséquences d’un supplément d’ouverture aux règles les plus élémentaires du marché : tous mis à la porte par de méchants patrons, tous chômeurs réduits à la misère.
Sur un autre site, censé être situé « très à droite », Sarkozy est présenté comme le candidat des États-Unis et d’Israël, et les allusions aux origines étrangères, pour partie juives, de l’intéressé ne manquent pas. On ne croirait revenu au temps vomitif de « Je suis partout ». Et, comme à l’époque de « Je suis partout », on peut voir se dessiner des liens derrière lesquels on devine aisément l’haleine puante du monstre rouge-brun. Une droite extrême s’allie aisément avec une gauche extrême, et il suffit d’un clic d’ordinateur pour passer de l’une à l’autre. Dis-moi qui tu hais, et je te dirai qui tu es, pourrais-je écrire, en reprenant une vieille phrase. Je vois là, c’est clair, une convergence d’exécrations envers ce que Karl Popper appelait la société ouverte.
Je vois là les souvenances de ce qui a pu conduire des socialistes, il y a soixante ans, à se convertir au national-socialisme en ayant peu à changer dans leur discours. Je vois là une rancœur antisémite qui autrefois a pu permettre à Hitler et Staline de se rapprocher et de se trouver des points communs. Je vois là, symboliquement, l’Amérique invoquée comme la figure emblématique de ce que ces gens-là détestent : le capitalisme, l’entreprise, le métissage, la souveraineté de l’individu sur sa propre vie.
Je vote Sarkozy par défaut, mais les ennemis de Sarkozy me renforcent dans ma décision, car ce sont aussi mes ennemis, et parce qu’ils incarnent tout ce qui me semble répugnant. Ils incarnent aussi ce qui me semble être, pour le coup, le pire absolu et l’absence d’avenir.
Si la France doit survivre, ce sera en tournant le dos au racisme, à l’antisémitisme, à l’antiaméricanisme, à l’antilibéralisme. Ce sera en comprenant que le futur est à la création, à l’ouverture, au marché planétaire, à l’audace, à ce que la civilisation occidentale a produit de meilleur et a projeté vers l’universel telle une promesse pour tous les hommes, quelle que soit leur origine ethnique, leur couleur de peau, leur religion.
Si la France doit survivre, ce sera en tournant le dos au socialisme, au nationalisme étroit, à l’esprit d’envie et de rigidité.
Une victoire de Sarkozy sera une victoire face au pire. Il restera à voir, ensuite, comment avancer vers le meilleur. Il y aura, pour cela des livres, tels ceux de Salin ou d’Allègre.
Il y aura le travail des instituts tels que l’Aleps de Jacques Garello ou l’Institut Turgot. Il restera à faire comprendre aux entrepreneurs, plus largement, l’importance du travail des idées. Je ne veux pas désespérer.
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Ouverture
«Sarkozy est un homme avec qui on peut parler.»
Jean-Marie Le Pen
SIC
Une chance «Sarkozy est […] le seul candidat à avoir le courage de prôner la “rupture” dont la France a tellement besoin. […] C’est une chance pour la France.»
« The Economist »
Débâcle «Le risque, pour la France, ce n’est pas l’impétuosité de Sarkozy, mais la tentation de feinter les obstacles pour ménager une fausse concorde en attendant la débâcle.»
Denis Tillinac
Anti-France «Ce qui m’inquiète à présent : tout ce qui est républicain est contesté et un sentiment anti-France se développe.[…] Sont perceptibles les germes d’une guerre civile, je n’exagère pas.»
André Gerin, député-maire
communiste de Vénissieux
Lucide «Il trompe et se trompe, celui qui prétend aimer les peuples lointains, avec lesquels il ne vit pas, et n’aime point son propre pays auquel il se frotte chaque jour.»
Cardinal Echegaray
Nul «Begag est un nul. Villepin aurait dû le démissionner bien avant.»
François Fillon
Hulot «Pourquoi, de producteur-présentateur d’une émission de télévision à succès, s’est-il transformé en prophète écologiste puis en militant politique ?»
Claude Allègre
Iran «Dès le début du prochain mois iranien [qui débute le 21 avril] les vêtements et attitudes non conformes à la Charia et aux lois de la République islamique ne seront plus tolérés. Les contrevenants seront arrêtés et livrés à la justice.»
Ahmad-Reza Radan, chef de la police de Téhéran |
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