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Nicolas Sarkozy ne tient pas les médias


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Rouxel Jean - mercredi 06 juin 2007

sarkozy, medias
La semaine dernière, « L’Express » s’interrogeait : « Sarkozy tient-il les médias ? » Eh bien non : 85 % des journalistes sont à gauche, selon une enquête publiée en 2005 par « Télérama ». Durant la campagne présidentielle, ils favorisèrent Royal, déversant un tombereau d’insanités sur Sarkozy.

John Vinocure, éditorialiste de l’« International Herald Tribune », dit : « Cette victoire de Nicolas Sarkozy, annoncée depuis des mois par les sondages, dérangeait un très grand nombre de journalistes, dont « Sarko » n’était pas la tasse de thé. Au point qu’une bonne partie de l’establishment journalistique s’est mise à dénigrer les sondages, après que la gauche a décidé de tirer à vue sur ceux-ci. »

Alain Genestar, ancien directeur de la rédaction de « Match », a été viré pour avoir publié un reportage sur la fugue amoureuse de Cécilia. « Le Journal du Dimanche » a enterré un article révélant que celle-ci s’était abstenue de voter, au second tour de la présidentielle. Cela a fait croire que Sarkozy tient les médias. Il ne s’agissait que de sujets people, et d’un contrôle illusoire : une information censurée par la presse finit par sortir, notamment grâce à Internet. Exemple : l’abstentionnisme électoral de Cécilia. Les services politiques des médias, eux, n’en font qu’à leur tête, le plus souvent de gauche. Même si Sarkozy leur dit « Je connais votre patron », ou les tance.

Si le gros des journalistes est à gauche, les propriétaires des médias se prosternent devant le pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche. Un marchand d’armes comme Dassault, ou de béton comme Bouygues, ont besoin de son appui pour décrocher des marchés. Même Bernard Arnault lui doit tout : le Premier ministre Pierre Mauroy lui avait vendu le groupe Willot, en 1984.

Le pouvoir médiatique fonctionne comme le pouvoir politique : un couple de forces inverses entre la tête (propriétaire de médias/haute fonction publique) et la base (journalistes formatés au CFJ/syndicalistes stipendiés). Quelques médias font exception : « le Canard enchaîné », « Marianne » et… « Les 4 Vérités ». La majorité des médias fait du bourrage de crânes, la minorité, de l’anti-bourrage de crânes. Un fait demeure : le centre de gravité du système médiatique français est à gauche. Ses propriétaires ne peuvent, ne veulent, ou n’osent pas contrer les rédactions.

Sarkozy est en état de grâce, y compris avec les médias. Mais son inévitable affrontement avec les syndicats mettra fin à cette lune de miel.

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