Rouxel Jean - mardi 24 mars 2009
education, chomage
Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, a exposé le 22 mars les grandes lignes de son plan pour l’emploi des jeunes.
Ce plan va coûter, selon Hirsch, 1,5 milliard d’euros. On peut certes estimer que, dans le contexte actuel des « plans de relance » à répétition, nous n’en sommes pas à 1,5 milliard près et que, somme toute, la cause de l’emploi des jeunes est plutôt meilleure que bien des politiques de « grands travaux » déjà prévues par le gouvernement.
Cependant, ce plan pour l’emploi est tellement emblématique de ce qu’il ne faut pas faire qu’il faut revenir sur le sujet. Qui sait ? Le plan n’étant encore qu’ébauché, nos critiques et suggestions, pourront peut-être aider M. Hirsch à l’améliorer…
L’idée générale est que l’État doit prendre en charge l’essentiel du salaire des jeunes de 16 à 25 ans – tout au moins ceux qui sont en contrat d’apprentissage et de professionnalisation.
Disons-le tout net. Je suis hostile à cette prise en charge par l’État. Soit l’entreprise a besoin du jeune salarié et elle le paie ; soit elle n’en a pas besoin et l’État fausse ainsi l’accès au marché du travail. Cela peut améliorer temporairement les conditions d’embauche, mais prépare pour plus tard toutes sortes de mauvaises surprises…
En revanche, un aspect est très positif dans le plan de Martin Hirsch : développer l’apprentissage. Mais pourquoi faire prendre en charge le salaire par l’État ? Le plus simple ne serait-il pas de supprimer les charges sociales sur ce type de contrats ? Le coût pour l’État sera identique. Mais du point de vue de la liberté d’entreprendre et du point de vue de l’efficacité économique, ce n’est pas du tout la même chose ! De façon générale, la « relance » devrait se faire sous le signe des baisses de charges (fiscales et sociales) et non sous le signe des subventions.
Quant à l’apprentissage, il faut certes l’encourager au maximum. Mais, alors, pourquoi le gouvernement ne s’attaque-t-il pas à l’absurde obligation scolaire jusqu’à 16 ans ? Si, dès 13 ou 14 ans, les élèves qui ne se sentent pas faits pour les études « classiques » pouvaient opter pour des cursus professionnalisants, mi-théoriques, mi-pratiques, tout le monde y trouverait son compte : eux-mêmes qui ne s’ennuieraient plus à l’école ; les écoles qui n’auraient plus à gérer des « cas difficiles » ; les entreprises qui pourraient embaucher des personnes qualifiées… Cela nous éviterait aussi d’envoyer des dizaines de milliers d’élèves préparer des DEUG de sociologie, en attendant d’aller pointer à l’ANPE !
8 commentaires - Ecrire un commentaire
|