Rouxel Jean - mercredi 26 mars 2008
ump
À peine les résultats des dernières élections connus, Jean-Pierre Raffarin s’est mis à entonner à entonner l’air connu : « L’UMP est trop à droite »… Ainsi non seulement le PS a largement remporté les élections, mais un ténor de la majorité s’empresse de lui signifier qu’il a aussi gagné la bataille idéologique.
Mais ce qui frappe surtout, c’est l’incohérence de la réaction. Nous avons entendu les caciques de l’UMP expliquer la défaite par la démobilisation de l’électorat de droite (ce qui saute aux yeux) et cette démobilisation par le fait que les réformes étaient bonnes, mais n’allaient pas assez vite. À présent, il faut comprendre qu’elles allaient trop vite et dans une mauvaise direction !
La réalité, c’est que l’électorat de droite a été démobilisé par le saupoudrage de réformettes. Le gouvernement serait d’ailleurs incapable de nous dire quelles sont les trois réformes phares de ces dix derniers mois.
Dans la bataille idéologique qui oppose la droite à la gauche, il y a deux aspects. Et sur chacun des deux la droite est inférieure à ses adversaires. Tout d’abord, il y a un problème de fond : il faut savoir ce qui distingue la droite de la gauche. Or, la droite ignore visiblement ce qui la différencie de la gauche.
Sur ce point, nous pouvons suggérer quelques pistes de réflexion à la majorité. Tout d’abord, le primat de la réalité, que ce soit en économie ou ailleurs. Ensuite, l’acceptation de règles que nous n’avons pas écrites nous-mêmes (contre le « constructivisme » comme dirait Hayek !). Également, l’idée que nous sommes des héritiers. Et peut-être deux ou trois autres…
Et puis il y a un problème de communication. Or, en ce domaine, la quasi totalité des médias sont clairement orientés à gauche, d’une part. Et, d’autre part, la droite, n’ayant pas les idées claires sur ce qu’elle est, n’a évidemment aucun message clair à transmettre. Rappelons-nous en ce domaine que la campagne de Reagan a été un triomphe, en particulier du fait de sa simplicité : le candidat martelait sa différence sur trois domaines qui ont emporté l’adhésion des électeurs (baisse des impôts, liberté du port d’armes, limitation de l’avortement). Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ignorait les autres sujets, mais qu’il savait quel message spécifique lancer aux Américains.
Décidément, s’il y a un axe de la politique de l’UMP à infléchir, c’est bien la remise en perspective des priorités dans le combat politique : il faut essentiellement gagner le combat des esprits et subsidiairement gagner le combat électoral, et non l’inverse !
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