Rouxel Jean - mercredi 10 novembre 2010
retraites
Il est de bon ton, ces derniers jours, de dire que, sur les retraites, Nicolas Sarkozy et sa majorité ont perdu la bataille de l’opinion.
C’est bien possible. Le niveau de désinformation économique des Français par leur prétendue « Éducation nationale » atteint des sommets et l’on peut imaginer que beaucoup ne soient pas capables de tirer les conséquences de l’accroissement de l’espérance de vie et de la baisse du nombre de cotisants.
Mais, je dois dire que, si j’étais de gauche, je n’invoquerais pas trop cet argument, qui me semble un peu périlleux. Car, en matière de « victoire à la Pyrrhus », les syndicats font, à mon avis, encore plus fort que le gouvernement.
Certes, ils ont obtenu des « améliorations » significatives du texte. Mais à quel prix ?
L’unité syndicale a du plomb dans l’aile, c’est le moins que l’on puisse dire.
Il est, d’ores et déjà, clair que la CFDT souhaite sortir au plus vite de cette unité et de la question des retraites (la négociation proposée sur l’emploi des jeunes étant manifestement un prétexte pour clore le dossier des retraites). Et le torchon brûle entre les dirigeants de la CGT et de FO qui s’accusent mutuellement d’être responsables de la fin du mouvement…
Par ailleurs, alors que les médias prétendaient avec aplomb que 70 % des Français soutenaient les grévistes et les bloqueurs (je ne sais pas pour vous mais, en deux mois, je n’en ai pas rencontré un seul de ces « 70 % de Français » !), dès que la pénurie d’essence s’est fait sentir, la prétendue « popularité » du mouvement a dégringolé en flèche.
Quant aux partis de gauche, ils commencent à s’empoigner sur la question de savoir s’il faudra ou non rouvrir le dossier des retraites à la prochaine alternance électorale !
Bref, la « bataille de l’opinion » n’a sans doute pas été gagnée par le gouvernement (qui a raté une belle occasion de montrer que la liberté était à droite, en instaurant la retraite par points et la liberté de partir quand on souhaite et aussi que la justice était à droite, en supprimant les régimes spéciaux). Mais elle n’a certainement pas été gagnée non plus par la gauche.
Cerise sur le gâteau, on apprenait lundi matin que deux dirigeants CGT du port du Havre étaient condamnés à de la prison avec sursis et 35 000 euros d’amende pour avoir détourné 63 000 euros en notes de frais injustifiées. Ce qui nous donne une petite idée de la sublime abnégation et du sens de l’intérêt général de ceux qui ont prétendu se battre pour nous !
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