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Non, la mondialisation n’est pas inéluctable


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Courrier - lundi 09 août 2010

mondialisation
Lucien Moreau a raison (n° 752) : la puissance américaine s’impose à nous. En revanche, pas la mondialisation : c’est une décision de nos pays au début des années 1970, qui leur est fort défavorable. Pour preuve l’évolution constante du chômage (environ 450 000 chômeurs en France en 1970 !).
Une décision peut s’annuler par une autre.

La « formidable croissance des échanges internationaux » n’est avantageuse que si nous y trouvons notre intérêt.
Maurice Allais, Prix Nobel d’économie, l’a démontré : l’augmentation du chômage n’est pas un effet des « chocs pétroliers » (façon de rejeter les responsabilités sur les autres). Ceux-ci ont été contrés par les réductions de consommation engendrées par les innovations. : les prix du pétrole se sont effondrés, mais le chômage a continué de s’aggraver.

Mais, forts de l’expérience du Marché commun entre 1958 et 1968 (dont l’ouverture a provoqué émulation, innovation, hausse de qualité et baisse des prix), nous avons décidé de faire fond sur la théorie du libre-échange intégral, qui est devenue un tabou. On a seulement oublié que ce qui est vrai sur un marché restreint, homogène et protégé, ne l’est plus sur un marché ouvert et mondial.

Les écarts de coûts horaires sont dans un rapport de 1 à 10 entre la Chine et nous. Inutile d’accuser les charges publiques et sociales, certes trop élevées : si on les réduisait de 25 %, Dieu sait comment, le rapport resterait de 1 à 8. Ce qui est efficace entre pays comparables est insignifiant à échelle mondiale.

L’objectif d’abandonner les tâches simples et de se garder les hautes technologies est visiblement un leurre. Bien sûr, nous avons fait de bons « coups » à l’exportation, mais, avant peu, les Chinois vendront partout des TGV et des Airbus à des prix imbattables, comme les Coréens vendent aujourd’hui des centrales nuclé­aires contre Areva. Il nous faudra bientôt nous rabattre sur le tourisme (des Chinois) et sur les industries à faible valeur ajoutée que nous voulions leur abandonner…

Il est grand temps de changer de braquet, avant que nous ne disparaissions complètement des écrans radar.
Mais il y faudra la pression d’une forte détermination des électeurs.

Jean-Pierre Delmau

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