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Non, les marchés ne sont pas irrationnels


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Trémeau Bernard - mercredi 28 septembre 2011

dette
On nous rabâche actuellement, à longueur de journée, que les marchés sont irrationnels et qu’il faut donc s’y opposer.
Les cours de la bourse se sont effondrés, une fois de plus, le 23 septembre, dans le monde entier. Une agence de notation juge l’Italie incapable de rembourser ses dettes aux dates prévues. C’est cette décote qui est en partie responsable de cet effondrement. Mais les USA sont aussi mal jugés par les agences de notation.

Mon ami Jean-Pierre Chevallier, professeur d’économie, note et compare au jour le jour les intérêts que doivent payer les gouvernements allemands, français ou italiens pour l’argent qu’ils empruntent. Les taux français ont bondi hier de plus de 10 points. Les marchés jugent les gouvernements européens incapables de trouver une solution à la crise monétaire.

Or, cette solution existe. Une parité fixe lie le franc et le mark depuis le lancement de l’euro. Et, depuis, les prix progressent plus rapidement en France qu’en Allemagne. Selon Jean-Pierre Chevallier, les prix français sont actuellement supérieurs de 58,6 % aux prix allemands. Il faut donc modifier cette parité. Nos responsables médiatiques ou politiques semblent totalement ignorer ce problème. Pas les « marchés » !

Les « marchés », ce sont les banquiers du monde entier à qui nous confions nos économies. En espérant que ces économies prendront le plus de valeur possible. Ces banquiers cherchent donc à trouver pour nous les meilleurs placements possibles. Ils observent attentivement le comportement des entreprises et des États. Ils achètent les actions des entreprises qui sont innovantes et dynamiques. Le cours de ces entreprises augmente. Et ils vendent les actions des entreprises peu performantes, dont le cours diminue.

Ils achètent les bons du trésor des États qui leur semblent le mieux gérer leur économie. Le prix des bons du Trésor de ces pays augmente. Comme les intérêts payés ne varient pas, les intérêts payés pour un bon du Trésor sont de moins en moins élevés.
Ils vendent au contraire les bons du Trésor des pays qu’ils jugent mauvais gestionnaires. Les emprunts payés pour ces bons du Trésor deviennent plus élevés.

Le banquier qui effectue les bons placements est celui qui observe le mieux l’économie et prévoit le mieux le futur.
 On dit que ces banquiers « spéculent ». Spéculer vient du latin speculare, « observer ». Comme les décisions qu’ils prennent peuvent mettre en difficulté les entreprises ou les États, ils ne sont pas aimés des syndicats ou des pouvoirs politiques. Ainsi, depuis longtemps, le terme de « spéculateur » a une fort mauvaise connotation

En France, les hommes au pouvoir traitent maintenant d’irrationnel le comportement des spéculateurs
. Et certains veulent même les empêcher de spéculer. Alors que leur comportement est, au contraire, très logique.
C’est le comportement des politiques qui semble irrationnel.

Est-il rationnel de créer une monnaie commune, tout en conservant des fiscalités totalement différentes ? La France impose, par exemple, bien plus ses entreprises que l’Allemagne.
Est-il rationnel de créer une parité fixe entre le franc et le mark, alors que, depuis 50 ans, l’inflation française est bien supérieure à l’inflation allemande ?

Est-il rationnel, dans un marché mondialisé, d’imposer les entreprises installées en France ? On les pousse à délocaliser. On installe ainsi le chômage en France et l’activité en Chine.

Des « rumeurs », très souvent lancées par des responsables politico-médiatiques, poussent parfois les spéculateurs à trop vendre ou à trop acheter. Une variation des prix trop importante peut alors se produire. Mais, aussitôt que des informations détruisent la rumeur, les banquiers corrigent l’erreur qu’ils avaient commise et les prix retrouvent un chiffre proche de la normale.
En fait, quand les États veulent s’opposer au libre comportement des individus, ils créent des perturbations économiques graves, comme le chômage en France ou la pauvreté dans les pays marxistes.

Finalement, c’est le comportement des spéculateurs qui apparaît comme rationnel, alors que le comportement des États est très souvent irrationnel.

Mais en traitant les spéculateurs d’irrationnels, on arrive à faire croire aux électeurs que ce sont eux les responsables de tous nos maux…

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En bref
Sénat

 Le 25 septembre, 71 951 grands électeurs étaient convoqués pour élire 170 sénateurs : 112 au scrutin proportionnel (dans les départements élisant au moins 4 sénateurs) et 58 au scrutin majoritaire à deux tours (dans les départements élisant 3 sénateurs ou moins). Le Parti socialiste a obtenu 61 sièges (35,9 %) ; l’UMP 55 sièges (32,4 %) ; les divers droite 17 sièges (10 %) ; les communistes 16 sièges (9,4 %) ; les Verts 10 sièges (5,9 %) ; les divers gauche 6 sièges (3,5 %) ; le Modem 3 sièges (1,8 %) ; et les radicaux de gauche 2 sièges (1,2 %).

Chiffres significatifs
Téléphone > En moyenne, un Français passe chaque mois 2 h 13 à téléphoner.

Délinquance > Les délits commis par des ressortissants roumains dans Paris et la petite couronne ont augmenté de 72,4 % entre le premier semestre 2010 et le premier semestre 2011.

ebay > Le principal site mondial de commerce en ligne a réalisé, au deuxième trimestre, un chiffre d’affaires de 2,03 milliards d’euros, en hausse de 25 % par rapport au deuxième trimestre de 2010.

Médecin > En 2011, seuls 9,4 % des nouveaux médecins ont choisi d’exercer en libéral.

Nucléaire > Selon certains experts consultés par « Le Figaro », la sortie du nucléaire coûterait à la France « au moins 750 mil­liards d’euros ».

Russie > La Russie devrait perdre 15 millions d’habitants d’ici 2031.

Épargne > Malgré la crise et les spoliations, les ménages français épargnent cha­que année quelque 200 mil­liards d’euros.




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