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Nous allons crever de l’esprit des Lumières


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Martoïa Bernard - mercredi 17 février 2010

liberalisme, islam, etats-unis
Si le chancelier de l’Échiquier Frederic North (1732-1792) et les parlementaires anglais avaient suivi son conseil, les Américains ne se seraient pas révoltés et le Royaume-Uni n’aurait pas perdu sa plus précieuse colonie. Si l’Assemblée constituante l’avait écouté, la Terreur, la guerre totale et Napoléon auraient été épargnés au peuple français.

Quel était l’esprit lumineux à prédire ces catastrophes et qui ne fut point écouté de ses con­temporains ? Il s’agit d’Ed­mund Burke. Cet Irlandais devint dé­puté du parti Whig à la Cham­bre des Communes du Royau­me-Uni. Il était un conservateur avant que ce terme n’apparaisse dans le vocabulaire politique. Il croyait à la tolérance religieuse mais supportait l’Église officielle anglicane.

Ami de l’économiste Adam Smith, Burke défendait la liberté commerciale (le libre-échange ou le « mondialisme » pour re­prendre la dialectique des socialistes). Il niait que le roi pût lever des taxes sans le consentement de ses sujets.

Il croyait aussi que la civilisation dépendait de la perpétuation d’une aristocratie terrienne avec sa propre représentation politique. Il était un opposant farouche à la démocratie et au suffrage universel. À propos de l’Ancien Régime, il disait qu’il s’agissait d’un « despotisme plus d’apparence que fondé sur la réalité d’une situation » – d’où le titre de « bon » roi attribué à Louis XVI. Mais la bonté ne suffit pas pour rester roi et garder sa tête… Louis XVI avait non seulement le défaut d’être faible, mais aussi d’être irres­pon­sable.
Le 10 août 1792, il ordonna à sa vaillante garde suisse de déposer les armes et de se retirer. Le carnage sera à l’échelle de la haine de la populace. Bonapar­te n’oublia pas la leçon. Le 5 octobre 1795, avec l’aide de Joachim Murat, capitaine d’artillerie, il fit tirer sur les partisans royalistes massés dans la rue Saint-Roch.

Pour aggraver son cas, Burke contestait que la liberté pût être acquise par la révolution ou l’aventure intellectuelle des « lu­mières » chères à nos indécrottables Jacobins. Pour lui, la liberté était le produit de la tradition et de l’histoire, et ses avancées très lentes devaient être gravées dans le marbre par les institutions.

George Walker Bush est célèbre pour sa marotte « I know better » (vous ne comprenez rien, mais moi je sais !) Il s’est embarqué gaiement dans l’aventure irakienne pour établir une démocratie ex nihilo. Rappelez-vous son arrivée triomphale, le 3 mai 2003, à bord du porte-avions Abraham Lincoln pour fêter la fin des hostilités en Irak. On connaît la suite ! À la différence d’un Théodore Roosevelt qui avalait un livre par jour en moyenne, même pendant sa présidence, Bush n’a pas lu Burke. Pas plus que son successeur à la Maison blanche qui persiste dans l’erreur en renforçant la présence militaire de l’OTAN en Afghanistan.

Comment ces chefs d’État ont-ils pu croire qu’ils pouvaient fonder la démocratie dans un pays tribal et moyenâgeux ? Quand on est gouverné par des gens incultes et qui, de surcroît, sont mal conseillés, il faut s’attendre au pire. Je préférerais me tromper en prédisant le chaos avec le retrait de nos troupes en Irak ou en Afghanistan.

Plutôt que de songer à gagner la guerre, les Occidentaux devraient s’interroger sur les modalités d’une retraite. Sur l’ordre de Brejnev, l’Afghanistan fut envahi par les troupes soviétiques le 24 décembre 1979. Mais les Soviétiques réalisèrent, le 15 février 1989, une bonne retraite après une guerre d’usure de dix ans. En revanche, les Américains s’enfuirent comme des rats après la prise de Saïgon, le 30 avril 1975.
Au lieu d’exporter la guerre, nos dirigeants devraient s’intéresser à la défense de leur pays envahi par les barbares. C’est le scénario de la Rome décadente. « Faut-il interdire la lapidation des femmes ou des mécréants ? » Voilà de quoi l’on débattra, demain, face à un islam conquérant. Au lieu de protéger nos frontières gravement menacées par une véritable invasion, nous voulons assurer une paix impossible dans des pays qui ont toutes les raisons de nous mépriser et de nous rejeter.

Non seulement l’esprit des lumières n’est pas exportable mais nous allons en crever ! Après tout, c’est le sort que l’on mérite en pratiquant la politique de l’autruche réinventée sous le vocable de « political correctness ».

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En bref
Déficit
Entre no­vem­bre 2008 et octobre 2009, le déficit commercial cumulé de la France a atteint 41,8 mil­liards d’euros, dont 4,4 milliards pour le seul mois d’octobre !

Chiffres significatifs
Reclassement > Fin oc­tobre, le nombre de bénéficiaires d’une convention de reclassement personnalisée atteignait 69 100 (en hausse de 139,1 % sur un an) et le nombre de bénéficiaires d’un contrat de transition professionnelle atteignait 11 700 (en hausse de 963,6 %)…

Suicides > En 2009, on a recensé 122 suicides dans les prisons françaises, contre 115 en 2008. C’est le taux de suicide en détention le plus élevé d’Europe (18,1 suicides sur 10 000 détenus).

Sarkozy > La rémunération mensuelle nette de Nicolas Sarkozy s’est élevée à 19 508,21 euros en 2009.

Vacance > En 2005, 2 102 357 logements privés ont été vacants en France métropolitaine, dont 909 526 au titre de la vacance « frictionnelle » (moins d’un an de vacance), 498 703 au titre de la vacance « en voie de durcissement » (de un à deux ans), et 694 128 au titre de la vacance « structurelle » (trois ans et plus).

Emploi > Alors qu’elles stagnaient à quelque 220 000 au début de l’année 2009, les offres du Pôle emploi ont fortement remonté, pour atteindre 256 700 en octobre.

Agriculteur > Le revenu des agriculteurs français a chuté de 34 % en 2009, pour s’effondrer à 14 500 euros de revenu moyen annuel !

Pétrole > Entre le pic de l’été 2008 et la fin 2009, les importations françaises d’hy­dro­carbures ont reculé de 47 % !




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