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Nous sommes au bord du cataclysme financier


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Milliere Guy - mardi 04 octobre 2011

europe, euro, dette
Nous vivons une époque consternante. En France, aujourd’hui, ce ne sont que dénégations s’ajoutant aux dénégations.
Les banques françaises, nous dit-on, vont bien et n’ont pas besoin d’être recapitalisées. Sauf que se discute aujourd’hui à Washington, et que se trouve sans cesse évoqué dans la presse financière, une recapitalisation des banques françaises.

La Grèce, nous dit-on, sera sauvée et restera dans la zone euro. Sauf qu’en dehors des frontières de la France, on ne se demande plus si la Grèce fera défaut, mais quand cela se produira.

On ajoute, en France, que tout ce qui se passe est la faute de la finance internationale, des spéculateurs et de leurs complices. On envisage de mettre en place des agences de notation « eu­ropéennes » pour ne plus être évalué par Standards and Poors, Moodys, et Fitch, horribles entités « anglo-saxonnes ». On dit que tout va bien ou presque.

La réalité est que nous sommes tout au bord d’un cataclysme financier immense
, à côté du­quel la crise de 2008 pourrait être une simple plaisanterie.

La réalité est que l’euro a été une monnaie mal conçue dès le départ et que les vices fondateurs de l’euro sont en train de révéler leurs effets délétères : fixer les mêmes taux d’intérêts pour des pays aux systèmes sociaux et politiques différents, aux économies différentes et aux productivités différentes était un visa pour la catastrophe.

Il n’existe pas de bonne solution pour la Grèce. La maintenir dans l’euro va coûter de plus en plus cher et va la plonger dans une récession sans fin qui exacerbera les émeutes des derniers mois. La laisser sortir de la zone euro impliquera des pertes massives pour les banques françaises, qui détiennent près de la moitié de la dette grecque (pertes qu’il faudra payer) et une baisse de pouvoir d’achat de 50 à 60 % pour la population grecque. Assumer les pertes et repartir à zéro avec la Grèce dans l’euro ne changera rien aux causes qui continueront à produire les mêmes effets.

Ce que j’écris pour la Grèce vaut, ou vaudra assez vite, pour l’Italie, l’Espagne, le Portugal, et là, les coûts seront bien plus élevés que pour la Grèce. Si un président socialiste est élu au printemps prochain, la France s’ajoutera très vite à la liste.

La réalité est aussi que les financiers font leur travail : ils évaluent les risques et les opportunités. Quand on a pris des risques excessifs et qu’on fait face à une spéculation à la baisse, la faute n’est pas chez les financiers ou chez les spéculateurs, elle est chez ceux qui ont pris des risques excessifs. Et ce n’est pas en prenant des boucs émissaires qu’on règle ses problèmes.

La réalité est que les agences de notation elles-mêmes font leur travail. Elles indiquent ce qui va et ce qui ne va pas. Elles sont des indicateurs. Jeter par-dessus bord les indicateurs ne permet pas de retrouver le Nord lorsqu’on l’a perdu.

L’euro, tel qu’il a existé pendant une décennie, est mort. Le miracle est qu’il ait duré aussi longtemps. Il survivra, sans doute, sous une forme différente, avec des pays différents, et des règles drastiques imposées par l’Alle­magne. Il ne concurrencera, en tout cas, jamais le dollar comme monnaie de référence.

L’euro aurait peut-être pu durer plus longtemps sans la crise de 2008 et ses suites.
Ce qui pourrait prêter à sourire ironiquement serait de constater que personne ou presque, en Europe, n’explique que la crise de 2008 n’a pas été une crise de la finance, mais une crise découlant de l’introduction d’éléments de falsification dans la finance : les prêts sub-primes et leurs effets pervers.

Les suites de la crise financière de 2008 ont été les choix politiques de l’administration Oba­ma qui ont plongé les États-Unis en récession, et, par les déficits immenses creusés, ont créé les tensions sur les marchés qui ont accéléré la crise de l’euro.

Le président américain, que l’Europe a pris pour le Messie, pourrait être le fossoyeur de l’Europe. Le fait que le fossoyeur soit pris pour le Messie en dit long sur l’état mental de nombre d’Européens.

Même si l’Europe n’avait pas de problèmes financiers insondables, elle n’en mourrait pas moins. Entre vieillissement et systèmes sociaux irréformables, dogmes socialistes qui persistent et incapacités à analyser le monde tel qu’il devient, les causes de mort ne manquent pas… 

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Dette
Contrairement à ce qu’on lit souvent, la no­te que décernent les agences de notation n’est pas directement corrélée avec le taux d’intérêt de la dette publique. Ainsi, la France, qui dispose d’une meilleure note que les États-Unis, em­prunte actuellement autour de 3 % sur 10 ans, quand les États-Unis empruntent au­tour de 1,9 %.




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