Milliere Guy - mardi 23 mars 2004
Les attentats effroyables commis à Madrid voici quelques jours m’ont choqué, comme tout un chacun. Ils m’ont incité aussi, hélas, à me poser des questions.
Pourquoi les actes commis ont-ils été décrits comme barbares au degré où ils l’ont été, pourquoi ont-ils fait l’objet d’une réprobation si unanime alors que des actes du même ordre n’ont cessé d’être commis contre des hommes, des femmes et des enfants israéliens au cours des trois dernières années ? Je ne puis croire que c’est parce que les hommes, les femmes et les enfants tués en Israël étaient juifs. Il semble pourtant qu’attaquer des juifs ou des espagnols ne soit pas la même chose dans l’Europe d’aujourd’hui…
Par ailleurs, l’empressement des autorités espagnoles à incriminer le terrorisme basque m’a, d’emblée, semblé suspecte. Les méthodes employées, la volonté de tuer le plus grand nombre de gens possible, la simultanéité des explosions, le désir de détruire un bâtiment et de tuer les secouristes m’ont paru dès les premières minutes la marque de l’islamisme. Le gouvernement espagnol a, je pense, incriminé l’ETA car il était au moment de l’attentat, confronté à des échéances électorales. Le fait qu’un des rares gouvernements européens courageux doive faire son possible pour éviter d’incriminer les terroristes islamiques sous peine de perdre le soutien de son opinion publique et de risquer de courir à la déroute dans les urnes est inquiétant. Les journalistes de divers pays d’Europe se sont, de fait, empressés de dire que si c’était l’ETA les attentats étaient injustifiables, mais que si c’étaient des islamistes, ce serait la « facture présentée à Aznar » pour son soutien « aveugle » à la lutte anti-terroriste de l’administration Bush. Faut-il en déduire que, pour les journalistes européens en général, la lutte de l’administration Bush contre le terrorisme est inadmissible et odieuse ? Faut-il en déduire que pour les mêmes journalistes, Aznar s’est comporté en aveugle en rejoignant le combat planétaire de Bush ? Cela voudrait-il dire que, pour les mêmes journalistes encore, le gouvernement français s’est comporté de façon beaucoup plus sage en pratiquant la politique du renoncement ? Si c’est là non seulement l’avis de journalistes, mais le sentiment dominant en Europe, on peut craindre le pire…
La réalité est celle-ci : l’Espagne a été frappée par le terrorisme islamique parce qu’elle est un allié clair des États-Unis d’Amérique. La réalité est que la population espagnole a, dans un premier temps, manifesté sa réprobation du terrorisme parce qu’elle n’en connaissait pas les auteurs. Plus les auteurs seront connus et identifiés clairement comme islamistes, plus la population espagnole tournera sa colère non contre les islamistes, mais contre son gouvernement et contre les États-Unis…
La réalité est que le terrorisme islamique peut tuer des Américains sans tuer la détermination du peuple américain, bien au contraire, mais que le terrorisme islamique peut tuer des Européens et les inciter à la soumission. Je me demandais après le 11 septembre 2001 ce qu’aurait été la réaction d’Européens à un crime aussi barbare. Je pensais tristement que les Européens réagiraient comme les terroristes pourraient l’espérer. La réalité confirme mes pires craintes. Il est vrai que les manifestations de courtisans de Ben Laden et de Saddam dans les grandes villes européennes au printemps 2003 constituaient, déjà, une forme de confirmation,.
Les peuples européens peuvent-ils survivre ? Maintenant que l’Europe est frappée par le terrorisme islamique de masse, nous aurons bientôt la réponse. Les peuples européens ne survivront en tout cas, s’ils survivent, qu’en regardant en face, et avec détermination, le nouveau danger totalitaire qu’est l’islamisme. Face aux totalitaires, les discours ne servent à rien. Quand une guerre est déclarée, il faut la mener. vjournal télévisé.
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