Valla Jean-Claude - dimanche 23 janvier 2005
En déclarant à l’hebdomadaire Rivarol du 7 janvier dernier que l’occupation allemande n’avait pas été « particulièrement inhumaine », Jean-Marie Le Pen s’est attiré les foudres des inquisiteurs de la pensée unique. Pourtant, ce qu’il a déclaré, je l’ai entendu dire à maintes reprises par de nombreux Français qui avaient connu l’humiliation de la défaite de 40 et des quatre années d’occupation, y compris par des résistants qui savaient encore raison garder.
Le scandale, ce n’est donc pas que Jean-Marie Le Pen ait donné son opinion sur cette période, mais qu’un ministre de la Justice se soit empressé de convoquer les journalistes pour annoncer que le président du FN aurait à s’expliquer « devant le tribunal correctionnel ». Sur quelle base juridique ? Aucune, si l’on en croit Dominique Barella de l’Union Syndicale des Magistrats, cité par Le Figaro du 14 janvier, puisque la seule loi qui restreint la liberté d’expression en matière d’histoire, votée en 1990 à l’initiative du communiste Jean-Claude Gayssot, concerne la contestation du « plan d’extermination » des Juifs par les nazis.
Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, telle est la devise de M. Perben. Que je sache, celui-ci n’avait pas jugé utile de mettre en branle la justice lorsqu’un téléfilm, diffusé par TF1 les 6 et 13 janvier 2003, avait traîné dans la boue deux figures éminentes de la Résistance : le général de Bénouville et Henri Frenay, accusés par le réalisateur d’avoir vendu Jean Moulin aux Allemands ! M. Perben ne voulait sans doute pas faire de peine aux deux larrons qui avaient inspiré ce torchon, Lucie et Raymond Aubrac, symboles intouchables de la Résistance communiste.
À l’époque où Henri Frenay constituait les premiers réseaux de Résistance, les communistes appelaient à la fraternisation avec les troupes d’occupation et cherchaient à obtenir des bureaux parisiens de la Kommandantur l’autorisation de faire reparaître L’Humanité. Il a fallu l’offensive allemande contre l’URSS, le 22 juin 1941, pour que les communistes, obéissant à Staline, retournent enfin leur veste. Et de quelle façon ! Ils ont abattu dans le dos des officiers et soldats allemands, sûrs de provoquer des représailles et prêts à sacrifier ainsi ceux de leurs camarades qui se trouvaient alors en prison.
Telle est l’origine de la plupart des « bavures » évoquées par Jean-Marie Le Pen. Les communistes se sont obstinés dans cette voie – « Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! » (Chant des Partisans) – et ce sont eux qui ont insufflé à la Résistance l’esprit de guerre civile, n’hésitant pas à assassiner des Français, parfois des familles entières, femmes, vieillards et enfants inclus, comme à Voiron, le 20 avril 1944. Ce sont eux encore qui, pour noyauter la Résistance, ont dénoncé à la Gestapo des officiers de l’état-major national des FFI – je pense notamment au capitaine Hubert de Lagarde –, qu’ils se sont empressés de remplacer par des hommes à eux.
Au moment de la Libération est née la légende du « parti des 75 000 fusillés » dont on nous a rebattu les oreilles pendant de longues années, alors que les Allemands n’avaient pas fusillé plus de 2000 Français, tous n’étant pas communistes, loin s’en faut. Sait-on, par exemple, que le nombre de fusillés au Mont-Valérien a été ramené en 1995 de 4500 à 1007 à la demande de… Serge Klarsfeld ? Sait-on également que la communauté juive a modifié en 1987 la plaque commémorative de la grande rafle du Vel d’Hiv qui indiquait le chiffre de 30 000 personnes internées en 1942 par une nouvelle ramenant ce chiffre à 8 160 ?
Certes, 19 000 déportés résistants et politiques sont morts en Allemagne, de même que 77 000 Juifs raflés en France (chiffre cité par Le Monde du 14 janvier, encore qu’il ne soit pas exclu que certains de ces Juifs, en grande majorité étrangers, aient pu survivre et s’expatrier après la guerre dans d’autres pays, rien ne les attachant à la France qui n’avait pas su ou pu les protéger). Mais ces chiffres, pour avoir une signification, doivent être comparés à celui des civils français morts sous les bombes anglo-américaines : 70 000, auxquels il convient d’ajouter les quelque 40 000 STO et 10 000 prisonniers de guerre français tués lors des raids alliés sur l’Allemagne.
L’Occupation ne fut une partie de plaisir pour personne, pas même pour les « collabos » qui ont payé un lourd tribut à la « justice » du vainqueur. Seuls quelques profiteurs, d’un bord comme de l’autre, se sont enrichis, impunément. Laissons les historiens – les vrais, il en reste quelques-uns – travailler en paix et les derniers hommes politiques courageux s’exprimer librement. Ou alors cessons de dire que nous vivons en démocratie. Il est vrai que depuis la loi Gayssot…
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