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OIT : un pas de plus vers le gouvernement mondial


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Rouxel Jean - mardi 16 juin 2009


Lundi 15 juin dernier, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Genève à l’invitation de l’Organisation Internationale du Travail, qui organisait son 98e sommet.
Une telle participation ne constitue évidemment pas en soi un problème. Au contraire, on ne peut que se réjouir qu’un chef d’État de l’un des plus importants pays de la planète s’intéresse aux questions sociales et au droit du travail.

Il reste que la communication orchestrée par l’entourage du président est extrêmement inquiétante. Inquiétante d’abord pour la France elle-même. Le droit du travail rigide que nous connaissons est l’une des causes du marasme économique dans lequel nous pataugeons. Il ne me semble pas vraiment prioritaire d’en rajouter !

Inquiétante aussi pour les relations internationales. Déjà le sommet du G20 à Londres, en avril dernier, nous avait alertés sur les risques d’une exploitation de la crise par les « élites » politiques et économiques.

En créant l’embryon d’un gouvernement financier mondial, doté des centaines de milliards de dollars confiés au FMI, le sommet de Londres a ouvert une nouvelle ère des relations internationales, où les « élites » décident à la place des États.

Il est vrai que ceux-ci sont de moins en moins souverains depuis 1945, mais ce n’était pas une raison pour aggraver la situation !
Toujours est-il que le sommet de Genève doit, selon l’entourage de Nicolas Sarkozy, créer un embryon de régulation sociale mondiale.
L’hypocrisie atteint ici des sommets. Nous avons accueilli la Chine et un certain nombre de pays pratiquant une forme à peine modernisée d’esclavage au sein des instances mondiales du commerce. Pays qui n’hésitent pas à faire travailler des enfants et condamnent des millions de prisonniers politiques au travail forcé… Nous ne leur avons rien demandé en matière de pratique sociale. Nous étions trop heureux de trouver un atelier gigantesque fabriquant tout et n’importe quoi à vil prix.

Et, à présent, il faudrait contraindre tous les pays de la planète – en mettant au passage les États-Unis « dans le même sac » que la Chine, au prétexte qu’ils ont ratifié moins de conventions de l’OIT que nous… – à adopter le Code du travail français ! De qui se moque-t-on ?
En réalité, cette crise tombe décidément à point nommé pour mettre en place des structures technocratiques parfaitement illégitimes, mais toute-puissantes !

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