Lambert Christian - mardi 11 novembre 2008
L’engouement extraordinaire en faveur d’Obama qui confine à la fascination en Europe et surtout en France (87 % d’opinion favorable à Obama, 53 % aux États-Unis !), est un phénomène rare qui relève autant de la psychologie des foules que de la politique. Or, malgré les innombrables commentaires auxquels a donné lieu l’élection américaine, cet étrange phénomène a certes été constaté et célébré, mais peu analysé. Je vais donc me risquer à le faire en sachant que les lignes qui vont suivre ne plairont sans doute pas à tout le monde, mais la vérité n’est pas toujours plaisante.
Vive Obama parce qu’il est noir ! La presse en extase écrit sous la plume du président du directoire du Monde le 6 novembre : « Obama a fait coïncider l’espoir avec le noir ! » (sic) Ce sentiment s’inscrit dans la repentance occidentale, à gauche comme à droite. Le noir a été victime des blancs passibles de toutes les turpitudes. Le noir est bon. Il faut lui demander pardon et l’aider. Si Obama d’origine kenyane par son père descendait d’esclave, ce qui n’est pas le cas, ce serait mieux encore.
Mais sa femme, elle, est une afro-américaine et elle ne l’a pas oublié… Ce que l’on sait moins, c’est que le père, africain et musulman, du président Obama après avoir abandonné son épouse blanche et son fils s’en est retourné dans sa tribu au Kenya, où il a laissé de nombreux enfants, demi-frères et demi-sœurs d’Obama. Tous se réjouissent bien sûr de l’élection du grand frère, dont on espère qu’il enverra à la famille une aide substantielle.
Ce que l’on ignore généralement aussi, c’est qu’Obama appartient à l’ethnie Luo, très hostile à l’ethnie Kikouyou. Président des États-Unis et un peu président d’honneur du Kenya, qui a décrété après la miraculeuse élection du 4 novembre, un jour férié de liesse et d’action de grâces, espérons que le grand homme de l’Amérique ne partira pas en guerre contre les Kikouyous. Reconnaissons que tout cela est un peu étrange chez le président de la plus grande et la plus puissante démocratie du monde.
La deuxième raison de l’amour délirant nourri pour Obama tient à la détestation de son prédécesseur, George W. Bush, responsable de la guerre en Irak. Ce que l’on paraît avoir complètement oublié, c’est que l’opération irakienne n’aurait jamais eu lieu si les États-Unis n’avaient pas été attaqués par Al Qaïda, c’est-à-dire l’islam extrémiste, le 11 septembre 2001 (près de 3000 morts à New York). Lorsque les Japonais ont attaqué les États-Unis à Pearl Harbour, le 7 décembre 1941, le président Roosevelt et le Congrès ont immédiatement déclaré la guerre au Japon et en Amérique même, les nombreux résidents japonais ont aussitôt été placés en camps de concentration et sans ménagement.
Je n’ai pas entendu dire qu’il y eût alors des protestations contre la légitime défense des États-Unis. Aurait-il été préférable de ne rien faire en attendant d’autres coups ? Tout ceci démontre et de façon surprenante que l’islam radical dont le but est d’anéantir le juif, le chrétien et le mécréant et de supprimer toute trace artistique de la civilisation comme on l’a vu en Afghanistan avec la destruction du musée de Kaboul et des bouddhas géants de Bamyan, ne suscite guère d’indignation en Occident, preuve irréfutable d’une pathologie suicidaire.
La troisième raison de l’obamamania tient à l’assimilation mentale entre noir et pauvreté. « Black is beautiful », la pauvreté pour beaucoup dans le monde occidental est sinon souhaitable, du moins éminemment recommandable. Ce sentiment né de l’héritage catholique et de la vulgate marxiste impose peu à peu l’idée que les « malheureux noirs spoliés et exploités par les blancs avides et sans pitié » devraient tous être indemnisés. C’est l’aide au développement – des milliards de dollars – dont le bilan est nul en raison de la corruption et les milliards d’euros dépensés en France dans les quartiers « sensibles » dont le bilan est nul, lui aussi.
Ajoutons en passant que cette façon de penser, parfaitement contraire à la réalité, ignore qu’Obama est un privilégié de la société politique américaine, tout comme sa femme dont le salaire s’élève à 317 000 dollars, soit 242 082 euros, soit 20 950 euros par mois. Comme victime de la ségrégation, il y a pire !
Je précise, par ailleurs, que la campagne électorale du nouveau président américain a coûté 640 millions de dollars, affichant de nombreux points communs avec les campagnes publicitaires de Coca cola et Tomato ketchup. C’est ce qu’on appelle le marketing…
En même temps, et de façon un peu contradictoire, on relève cette idée vague mais forte que l’homme le plus puissant du monde va, parce qu’il est noir, répandre sur terre l’opulence, la justice, la bonté, bref qu’il est un nouveau roi-mage distributeur universel de la myrrhe, de l’or et de l’encens. Et, bien sûr, nouveau messie, il va mettre fin à la grave crise qui frappe aujourd’hui toute la planète.
Il va sans dire que ces rêves, qui témoignent d’une grande immaturité, vont être hélas rapidement démentis. Il faut savoir en effet qu’une excellente campagne électorale peut être suivie par une très décevante gestion. On l’a bien vu en 1981 avec un Mitterrand qui, comme Obama, promettait le changement. C’était, d’ailleurs, aussi à l’époque le mot-clé. On a vu ce que cela a donné !
Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’aux États-Unis où les finances publiques sont dans un état catastrophique comme en France, les impôts vont augmenter. Toute gouvernance de nature socialiste augmente et la fiscalité et finalement la pauvreté.
Plus grave : le racisme anti-blanc va prendre une nouvelle vigueur, en Europe et surtout en France, où l’élection d’un noir comme président des États-Unis marque pour beaucoup le commencement de la revanche. Je rappelle, à ce propos, que la France a connu ces douze derniers mois cinq émeutes jugées très inquiétantes par les pouvoirs publics et au cours desquelles 185 policiers ont été blessés par des « jeunes », dont certains par balles, sans parler du sabotage systématique des voies ferrées, sûrement pas par des vieux…
Enfin, le retrait progressif annoncé des forces américaines d’Irak est vu par l’islam radical comme la promesse d’une victoire assurée (Cf. mon article dans les « 4 Vérités » du 20 juin : Barack Hussein Obama). On se souvient de ce qu’il en a été du retrait de l’armée américaine au Vietnam en 1973. Mais au Moyen Orient, ça pourrait être beaucoup plus grave.
En guise de conclusion, je dirai qu’il y a quelque chose de pitoyable et de pathétique chez tous ces peuples en désarroi, Français compris, qui, parce qu’ils sont mal dirigés, mettent tant d’espoir dans un homme parce qu’il est noir. Que d’illusions !
Ancien Ambassadeur de France
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