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Obama : l’échec généralisé |
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Milliere Guy - mardi 01 septembre 2009
obama
Le soir de l’élection d’Obama, j’étais au Trocadéro : les télévisions françaises avaient organisé une soirée de gala. Journalistes et commentateurs se succédaient sur les plateaux et rivalisaient d’enthousiasme, la gauche américaine vison-caviar installée à Paris exultait. On buvait du champagne. Je faisais partie des rares à ne pas partager l’enthousiasme.
J’ai quitté assez vite la soirée. Mais je ne regrette pas de m’y être rendu : cela a été un spectacle édifiant. Et puis, je me disais qu’après l’ivresse, viendrait la gueule de bois. Nous n’y sommes pas tout à fait, mais cela approche.
En Europe, la plupart des journalistes et des hommes politiques continuent à dire le plus grand bien d’Obama, mais le cœur n’y est plus et on ne pourra pas indéfiniment cacher la débâcle. Aux États-Unis, dans les grands médias, on essaie de procéder sur le même mode, et des magazines comme Newsweek continuent, contre toute évidence, à tenter de préserver l’idolâtrie à laquelle ils se sont tant adonnés, mais des lézardes apparaissent dans la façade.
Sur un plan intérieur, le désastre dont j’avais parlé voici des mois déjà se précise : le « plan de stimulation » n’a rien stimulé, sinon l’inflation, l’érosion du dollar, la dette publique, les fermetures d’entreprises, et les chiffres du chômage ! Et la seule réponse à laquelle semble songer Obama, c’est un second « plan de stimulation » du même genre…
Le projet de réforme du secteur de la santé suscite une hostilité croissante au sein de la population. Les mesures de taxation et de réglementation dans le secteur de l’environnement seront, au fil des mois, de plus en plus difficile à promulguer : nombre de membres du Congrès savent qu’ils vont devoir repasser devant leurs électeurs à l’automne 2010 et, s’ils chargent trop la barque, ils pourraient être renvoyés précipitamment chez eux.
Et puis, il y a les dissimulations innombrables sur le passé très trouble et très glauque d’Obama : même des démocrates commencent à se demander pourquoi Obama continue à cacher des documents comme son acte de naissance ou les données concernant sa scolarité, comme s’il s’agissait de secrets d’État…
Sur un plan extérieur aussi, le désastre se met en place lentement, mais sûrement. Les dirigeants russes ont pris très vite la mesure du personnage et le traitent comme un pantin négligeable. Les dirigeants iraniens ont laissé dans le vide la main que, dans un geste de débilité gauchiste, Obama leur avait tendue. Ils poursuivent leurs objectifs, et se conduisent comme s’il n’y avait personne à la Maison blanche.
Un désastre total
Les dirigeants irakiens, comprenant que l’homme fort est plus à Téhéran qu’à Washington et, subissant une recrudescence d’attentats, se rapprochent de l’Iran islamique. Les dirigeants saoudiens qu’Obama avait tenté de séduire sont furieux, car l’avancée de l’Iran shiite et de ses alliés divers (Hezbollah, Hamas, gouvernement syrien) leur apparaît comme une menace dont Obama n’a pas su prendre la mesure. Israël, l’allié le plus fiable des États-Unis dans la région, pense généralement qu’Obama est un ennemi.
Du côté de l’Afghanistan, il n’y a pas de stratégie claire, et Obama cherche toujours des « talibans modérés ». Le régime chinois se permet de sermonner l’administration américaine, parce que la Chine a beaucoup d’avoirs en dollars et que la politique d’Obama risque d’être ruineuse non seulement pour les Américains, mais pour tous ceux qui ont misé sur l’Amérique.
Du côté de l’Afrique, Obama entretient des relations avec le régime soudanais et on meurt toujours en silence au Darfour. En Amérique latine, l’administration Obama, en prenant des positions plutôt proches de celles d’Hugo Chavez, n’a pas rassuré ceux qui souhaitent la liberté dans la région. L’attitude de soutien initial apportée à Zelaya, évincé du pouvoir pour avoir tenté de violer la constitution du Honduras et de se faire désigner président à vie, a constitué un symbole net.
Obama peut encore tenter de redresser la barre. Je vois mal comment il pourrait le faire. Mais j’attends la suite. Pour l’heure, disons qu’être parvenu en sept mois à un tel échec sur tous les plans est une prouesse digne de rentrer dans les annales !
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