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Obama peut-il être réélu ?


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Milliere Guy - vendredi 20 mai 2011

presidentielle-americaine, obama
Nul ne peut encore présager ce que seront les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2012. Néanmoins celle-ci se rapproche plus vite qu’on ne l’imagine de ce côté ci de l’Atlantique. Obama met en place un dispositif de pré-campagne destiné à assurer sa réélection. Du côté républicain, les aspirants la nomination se pressent, se font entendre, énoncent des éléments programmatiques. L’action de la Chambre des représentants républicaine est d’ores et déjà scrutée à la loupe.

Les aspirants républicains sont, à l’heure actuelle, trop nombreux pour qu’on puisse dire qui sera désigné : il n’y a pas de « candidat naturel » pour l’heure. Je dirai que c’est tant mieux, car la machine médiatique démocrate n’a pas de cible qu’elle peut tenter de démolir avant l’heure.

L’étoile de Sarah Palin semble avoir un peu pali : les campagnes contre elle ont laissé des traces, et je le regrette, car c’est une femme sur bien des plans remarquable.

Newt Gingricht, qui dirigeait la majorité républicaine lorsque les Républicains ont repris le contrôle du Congrès en 1994 sous Clinton est un homme d’idées et de convictions, mais il a divorcé plusieurs fois, et c’est, aux Etats-Unis, un handicap.

Mitt Romney fait figure de candidat crédible, mais sa foi mormone est un obstacle, tout comme la loi sur le système de santé qu’il a fait voter au temps où il était gouverneur du Massachusetts sera un argument contre lui en un temps où le rejet de la loi sur le système de santé élaborée par l’administration Obama fait l’objet d’un rejet massif dans la population.

Mike Huckabee, candidat en 2008, ne semble pas avoir l’intention de faire campagne.

Rudy Giuliani aimerait, mais sans être certain de pouvoir.

Il reste une multitude d’autres figures crédibles : Haley Barbour, gouverneur du Mississipi ; Mitch Daniels, gouverneur de l’Indiana ; Mike Pence, représentant de l’Indiana encore ; Tim Pawlenty, ancien gouverneur du Minnesota ; Bobby Jindal, gouverneur de Louisiane ; Chris Christie, gouverneur du New Jersey. La situation se clarifiera peu à peu : elle sera bien plus claire à l’automne.

Du côté démocrate, Obama ne sera pas contesté et n’aura sans doute pas à subir l’épreuve des élections primaires. La réalité oblige à dire qu’il garde des chances, ce qui est effroyable au vu de son bilan et au vu de ce que sa réélection serait sans doute une catastrophe de plus grande ampleur encore que son élection en 2008. Certains républicains se réservent pour 2016. Je n’ose déjà imaginer dans quel état Obama laissera les Etats-Unis et le monde en 2012. Imaginer ce qu’il pourrait faire encore d’ici 2016 impliquerait l’imagination d’un scénariste de films d’horreur.

Un bilan doublement catastrophique

Sur un plan intérieur, le bilan est, d’ores et déjà, terrible. Le chômage ne baisse pas, quoi qu’on dise. La croissance marque le pas. Les dépenses publiques s‘ajoutent aux dépenses publiques. Les déficits se creusent à une vitesse plus grande encore que dans la plupart des pays d’une Europe elle-même sinistrée. L’abandon de toute exploitation pétrolière américaine dans le golfe du Mexique et de toute utilisation des ressources présentes dans le sous-sol américain s’ajoutent à l’instabilité internationale, et font que le prix de l’essence à la pompe a augmenté de 67% en deux ans, ce qui ponctionne le budget des familles et pénalise toutes les activités commerciales. La récession dans le secteur immobilier est loin d’être achevée, les prix dans le secteur baissent encore, le nombre des foreclosures augmente. Le nombre d’Etats où des mesures financières drastiques s’imposent pour colmater des déficits abyssaux s’accroît, et Obama retrouve, face à ces situations, ses attitudes d’agitateur social mettant de l’huile sur le feu, comme ces derniers jours dans le Wisconsin, où l’atmosphère était à l’émeute gauchiste.

Si on ajoute les données extérieures, le bilan est quasiment cauchemardesque : l’hégémonie de la Chine sur l’Asie s’affirme sans contrepartie ou réaction américaine. L’hégémonie iranienne et islamiste sur le Proche-Orient s’affirme elle aussi. La Turquie, désormais alliée de l’Iran, pèse de plus en plus. La main tendue d’Obama vers l’islam, islam radical compris, provoque ce qu’on pouvait en attendre, qui n’est pas du tout favorable à la démocratie et à la liberté. L’Europe, acculée, tente de réagir, mais ses difficultés économiques et financières l’entravent profondément, et nul ne dit, bien sûr, que ces difficultés découlent de l’état de l’économie américaine.

Obama n’en est pas moins aimé en Europe. Je ne dirai même plus que cela me consterne. Les civilisations décadentes ont des réactions de civilisations décadentes.


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