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Observations sur la chute de la natalité musulmane et ses conséquences


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Bonnal Nicolas - lundi 29 août 2011

demographie, afrique, france
Certains professionnels continuent de se gargariser sur les périls de l’islamisme, et ce alors même que les peuples arabes un peu partout dans le bassin méditerranéen tentent de se soutirer à la tutelle des tyrans que l’occident et la France postcoloniale avaient tolérés avec une bien coupable faiblesse depuis un demi-siècle ou plus. Or on sent bien que les musulmans changent, qu’ils sont nettement moins extrémistes, plus avachis, et donc plus occidentalisés.

L’attitude paranoïaque ressemble à celles qui prétendaient que Gorbatchev était à son époque le plus dangereux bolchevik masqué que l’on n’eût jamais vu. En réalité il faut reconnaître que de temps en temps tout n’est pas manipulé ou conspiratif et que l’économie occidentale ne vaut rien, que le monde arabe vire démocrate (pour le meilleur ou pour le pire, on le verra) et que le communisme avait ses jours comptés dans les années 80. Ce n’est pas le terrorisme palestinien qui jette – au sens propre – la jeunesse israélienne à la rue, ce sont les spéculations d’un marché immobilier devenu fou et protégé par un gouvernement aussi complice et incompétent que le nôtre.

Il n’est de richesse que d’hommes, dit-on, et c’est vrai. La démographie a fait le monde, elle a suscité la révolution agricole, puis la révolution industrielle ; elle a justifié les conquêtes d’espace vital, le colonialisme et aujourd’hui l’immigration, phénomène rendu aussi obligatoire par l’idéologie mondialisée du commerce. C’est aussi la démographie qui engendre la violence et le fanatisme puisque comme on le sait depuis Esope, ventre affamé n’a pas d’oreilles.

La démographie du monde arabo-musulman était jusqu’à une date récente une vraie bombe et menace pour nous : elle ne l’est plus. Les excellentes sources de l’université Sherbrooke de Montréal le montrent. En cinquante ans, en moyenne, dans la quasi-totalité des pays musulmans, l’indice de fécondité est tombé de sept à deux enfants par femme. Dans bien des pays musulmans, il est même inférieur à celui de la France ! Car comme beaucoup de pays occidentaux (y compris Israël ou l’Espagne ou même la Suède), on observe une remontée du nombre d’enfants par femme en âge de procréer.


Les taux de natalité exubérants des noirs africains

Cette guerre des ventres inconsciente renverse la vulgate catastrophiste des extrémistes (dont je veux bien faire partie, mais pas sur ce problème…) et des médias qui nous poussent à importer (ou à redouter) toujours plus d’immigrés : en réalité la France a de fortes chances de devenir un pays relativement surpeuplé d’ici un demi-siècle (sans être plus métis que maintenant) ; alors que le Maghreb deviendra une zone de basse pression démographique.

Voyez les chiffres : après celle des chinois et des peuples asiatiques, la natalité des Marocains, des Algériens baisse, celle des Egyptiens s’effondre. Même la natalité de l’Iran ou du Pakistan est basse (de 7 à 2.5 en vingt-cinq ans), ou celle des Emirats arabes unis ou de l’Arabie saoudite, pour ne pas parler de l’Inde (2.3, avec 200 millions de musulmans tout de même).

On va vers le modèle de la société de consommation planétarisée : télé catastrophiste, fastfood, modèle DINKS (double income no kids, dont le couple homosexuel friqué constitue d’ailleurs le modèle indépassable, au moins pour les publicitaires), études payantes, vie banalisée par le consumérisme et l’hébétude castratrice médiatique. Les maghrébins passent six heures par jour devant la télé en moyenne, et cela leur ôte l’envie de faire six enfants.

C’est la première conséquence. Voyons la seconde.

Il reste toutefois une partie du monde (car même l’Amérique latine a des indices inférieurs à ceux de la France, que ce soit au Brésil ou au Pérou, pour ne pas parler du Chili ou de l’Uruguay) qui résiste : l’Afrique noire. On reste à cinq ou six enfants par femme au Mali, au Tchad, au Zaïre, même au Nigéria, censé être un état prospère et pétrolier. On compte 800 millions de noirs africains, chiffre qui pourrait tripler d’ici la fin de ce pauvre siècle.

C’est de l’Afrique noire que viendra une charge migratoire qui a commencé d’occuper aussi le nord de l’Afrique arabo-musulmane, promue depuis dix ans nouveau Limes ! La chute tant célébrée de Kadhafi va d’ailleurs accélérer le processus migrant.

Il reste à savoir si les chinois, les ONG ou les missionnaires, si surtout les télévisions, la vie sous air conditionné et les progrès de l’alimentation sous vide, pourront limiter rapidement ces exubérants taux de natalité des noirs africains.

Conclusion ? Si dans cent ans, comme disait Keynes, nous serons tous morts, dans cinquante ans nous seront tous (ou presque !) bien surpris !


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