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On ne baisse plus les impôts...


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Trémeau Bernard - samedi 12 juin 2004


Lors de sa dernière conférence de presse, le Président de la République a confirmé que le gouvernement Raffarin III avait deux objectifs prioritaires : la lutte contre le chômage et la maîtrise des déficits, mais il a dit « la baisse des impôts dépendra naturellement des conditions de réalisation de ces deux objectifs et aussi de la croissance et du niveau de la croissance ».
Notre Président nous avait donnés, du temps de sa dernière campagne électorale, une tout autre version au sujet de la baisse des impôts.
La France succombe sous le poids des impôts. Les entrepreneurs fuient à l’étranger pour échapper aux impôts sur le revenu. Les entreprises fuient à l’étranger pour échapper à toutes les charges qui pèsent sur elles. Les capitaux fuient à l’étranger pour échapper à l’impôt de solidarité sur la fortune. Sans entrepreneurs, sans entreprises et sans capitaux, il y a de moins en moins d’activité en France. La progression du PIB est stoppée, l’activité n’est plus suffisante pour donner le plein emploi et pour remplir les caisses de l’État. Chômage et déficits budgétaires grimpent.
La réduction des impôts était alors présentée comme un moyen de relancer l’activité économique en France. La diminution des impôts aurait permis à celui qui en profite d’avoir plus d’argent pour consommer, c’est évident, mais la réduction des impôts diminue les revenus de l’État d’autant, donc réduit d’autant la « consommation » de l’État. Une diminution d’impôts avec budget équilibré n’augmente pas la demande. Il faut un déficit budgétaire pour que la demande soit provisoirement augmentée. Et le gouvernement Raffarin II a volontairement creusé un grand déficit budgétaire pour essayer de relancer l’économie, se moquant totalement des engagements européens signés antérieurement par la France.
Tandis que la reprise stimule vivement les économies du monde entier, l’économie française tarde à démarrer. La politique économique réalisée sous Raffarin II a été un échec. La tentative de relance par le déficit budgétaire, dans la pure doctrine keynésienne, est un échec douloureux. Et cet échec était totalement prévisible. Le coup d’accélérateur donné par un déficit budgétaire ne peut pas être efficace quand les freins installés par nos gouvernements sur l’économie ne sont pas desserrés.

Du pain et des jeux

Actuellement, les impôts français poussent nos entrepreneurs à habiter à Londres ou New York, poussent nos capitaux à se réfugier en Suisse ou au Luxembourg, et poussent nos entreprises à délocaliser en Pologne ou en Chine. Et en même temps, ils éloignent de la France les entrepreneurs et les capitaux étrangers, alors que la France est par ailleurs un des pays les plus agréables à vivre dans le monde… Il faut donc baisser suffisamment les impôts non pas pour augmenter la demande, mais pour cesser de chasser l’activité économique de France. Il faut donc baisser les impôts pour que le chômage régresse et pour que le déficit diminue. Si on ne le fait pas, notre pays s’enfoncera encore un peu plus.
Or notre Président vient de dire dans sa dernière conférence de presse que la baisse des impôts serait finalement accordée quand le chômage et le déficit diminueront. La baisse des impôts n’est pas le seul moyen de remettre en état les capacités économiques de la France. La baisse des impôts n’est qu’une promesse électorale destinée à attirer les suffrages. L’opposition qui accusait le gouvernement de faire un cadeau aux riches devient presque crédible.
Les hommes politiques
qui nous gouvernent depuis cinquante ans font une erreur d’analyse mortelle pour notre économie. On continue à rendre nos entreprises non compétitives tout en les livrant, avec l’Europe des 25 et la mondialisation, à la concurrence internationale. S’ils suivaient une politique identique pour nos équipes de football, ils déclencheraient la révolution.


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En bref
ONG

Chaque année, 4 000 volontaires partent à l’étranger pour le compte d’ONG (Organisations non gouvernementales) françaises.

Chiffres Significatifs

Obésité
En France, l’obésité qui touchait 6 % de la population en 1990, concerne maintenant 12 % des gens.

Antisémitisme
Depuis le début de l’année, près de quatre-vingt personnes ont été interpellées en France pour des actes d’antisémitisme.

Maisons
La ville de Paris compterait quelque 12 000 maisons individuelles, réparties dans tous les arrondissements.

Emballement
La dette publique de l’État qui représentait 20 % du PIB en 1980 était à 40 % en 1990. Elle est à 64 % aujourd’hui. Sans compter les engagements au titre des pensions de retraite à servir aux fonctionnaires.

Polygamie
Selon Jacques Kossowski, député UMP des Hauts-de-Seine, il y aurait, en France, entre 10 000 et 20 000 familles polygames. Depuis 1993, la polygamie est pourtant officiellement interdite…

Rêve
Selon un sondage réalisé par Ipsos, 34 % des jeunes de 15 à 25 ans souhaiteraient entrer dans la fonction publique. Viennent ensuite les PME (31 %), les multinationales (20 %) et les autres grandes entreprises (11 %).

Champagne
En volume, la consommation de champagne par les Français n’augmente pas : 125 millions de litres en 2003, comme en 1998. Mais, dans le même temps, les Britanniques ont augmenté leur consommation de 51 % (26 millions de litres en 2003).

Divers Faits

Koweït
En application d’un amendement à la loi électorale, les femmes du Koweït pourront voter aux prochaines élections législatives prévues pour juillet 2007.

Scoutisme
Scouts et Guides de France se sont regroupés dans un mouvement commun à Lourdes le 29 mai dernier. Les premiers sont 50 000, les seconds 12 000. Depuis vingt ans, les effectifs avaient fondu de 30 %. De nouveaux uniformes vont être mis au point avec des codes de couleur communs.

Sida
L’Inde va bientôt rattraper l’Afrique du Sud et devenir le pays comportant le plus grand nombre de malades du Sida, avec près de 5 millions de personnes séropositives.

Mercenaires
Il n’y a jamais eu autant de mercenaires  qu’actuellement en Irak. Leur nombre est estimé à 15 voire 20 000 personnes.

Immobilier
À Paris, un appartement avec vue sur un jardin ou un parc se vend 15 ou 20 % plus cher que le prix moyen du marché.

Outre-Mer
Aux élections générales de juin 2002, la droite raflait 15 des 22 circonscriptions législatives d’Outre-Mer. Après les élections régionales et départementales de 2004, elle n’y contrôle plus aucune région ni aucun département...

Irak
Les États-Unis et la Grande-Bretagne exigent de l’ONU que les soldats de la coalition en Irak demeurent sous le contrôle de leur juridiction nationale même après le transfert de la souveraineté aux Irakiens.

 




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