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On ne nous imposera pas la Turquie en Europe ! |
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Lance Pierre - mercredi 02 juillet 2008
turquie
Un dénommé Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’État aux Affaires européennes, a suggéré très benoîtement, devant le Comité de réflexion sur les institutions présidé par Édouard Balladur, que l’on supprime l’article 88-5 de la Constitution, qui oblige à soumettre à référendum tout nouvel élargissement de l’Union européenne.
Cette obligation avait été introduite dans notre Constitution en 2005, sur la proposition de Jacques Chirac, qui avait constaté l’opposition massive de l’opinion publique à l’entrée de la Turquie dans l’Union. Partisan de cette adhésion, mais mis sur la défensive, Jacques Chirac avait alors promis aux Français qu’ils décideraient en dernier ressort, par référendum. Et c’est pour respecter cette promesse – une fois n’est pas coutume – qu’il avait demandé au Parlement réuni en Congrès à Versailles d’introduire cette obligation dans notre Constitution. Ce qui avait eu pour résultat de rassurer un peu les farouches opposants à l’européanisation de la Turquie, moi le premier.
Et voici que le pâle Jouyet, vingt-cinquième roue du carrosse gouvernemental, propose « innocemment » de faire sauter cet article constitutionnel, tout en s’empressant d’ajouter que « ce serait délicat ». Délicat ? Tu parles, Charles ! Ce nouveau rapiéçage de la Constitution française – qui ressemble de plus en plus à un patchwork – serait immédiatement interprété par les Français comme une trahison de leur volonté souveraine et une nouvelle tentative de leur imposer la Turquie en Europe, dont ils ne veulent à aucun prix, comme les autres Européens d’ailleurs.
Or, il est évident que Jean-Pierre Jouyet n’aurait pas pris sur lui de faire une proposition aussi incongrue sans l’aval de l’Élysée, et qu’il n’a fait que lancer un ballon-sonde sur ordre de Nicolas Sarkozy. Cela signifie-t-il que le Président de la République souhaite favoriser l’adhésion de la Turquie, dont il avait pourtant fermement exclu l’éventualité ? Je ne le crois pas vraiment, mais il est toujours difficile de juger des vraies intentions d’un Chef d’État, dont les critiqueurs hâtifs oublient trop souvent qu’il doit ruser sans cesse avec des influences contraires.
Le gouvernement turc a une peur bleue de cet article 88-5, sachant pertinemment que les Français, s’ils étaient consultés par référendum, remettraient la Turquie à sa place, c’est-à-dire en Asie, à une écrasante majorité. En agitant diplomatiquement la possibilité de faire sauter ce verrou de sûreté, le Président s’efforce de tranquilliser les Turcs, en même temps qu’il fait plaisir à « Deubleiou » Bush, toujours désireux de voir la Turquie entrer en Europe (mais de quoi je me mêle ?). Les citoyens doivent donc rester très vigilants et se tenir prêts à manifester leur opposition à tout ce qui pourrait laisser supposer aux Turcs qu’ils ont une chance de devenir des Européens.
Car, si cet article constitutionnel était supprimé, le Président aurait le droit de choisir entre le référendum ou la ratification parlementaire, ce qui ne laisserait rien présager de bon, compte tenu du choix qu’il a fait au sujet du traité de Lisbonne.
Une mafia de technocrates s’efforce par tous les moyens de faire entrer la Turquie dans l’Union. Ces gens-là n’ont aucune idée de ce que sont un peuple, une nation, une civilisation et d’ailleurs ils s’en moquent. Leurs critères sont totalement matérialistes et ils ne raisonnent qu’en termes économiques ou stratégiques. Constatant néanmoins que les peuples européens résistent à leur influence délétère, ils font flèche de tout bois et assaisonnent de turquerie tout ce qui leur tombe sous la main dans les domaines les plus divers, espérant pouvoir nous mettre un jour devant le fait accompli. C’est ainsi qu’ils ont fait participer l’équipe nationale turque à l’Euro de football, où elle n’avait rien à faire. Vous imaginez leur délectation si la Turquie avait gagné la coupe d’Europe ?
Heureusement, l’équipe d’Allemagne nous a sauvés de ce désastre politique. Mais il y aura d’autres menaces, et je rappelle la proposition géniale d’un de nos lecteurs : Sur la carte d’Europe figurant au verso des billets de banque en euros, il suggérait de rayer la Turquie car, si chaque citoyen le faisait sur tous les billets qui lui passent par les mains, ce serait un formidable référendum d’initiative populaire.
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(-15 % depuis janvier 2008)… |
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