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On vous l’avait bien dit (suite)


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Lambert Christian - mercredi 02 juin 2010


Imaginons un citoyen de ce pays percevant un revenu net mensuel de 3 000 euros et en dépensant 5 000 chaque mois depuis 30 ans. La dette qu’il aura accumulée sera donc de 720 000 euros auxquels s’ajoutera le montant des intérêts de ces emprunts. Ce citoyen qui a fait preuve d’une totale incompétence et imprévoyance est totalement ruiné. Il ne pourra jamais rembourser sa dette. Il ira rejoindre les SDF.

Le cas de la France est analogue
. Plus de 30 ans de démagogie par les politiciens au pouvoir ont ruiné le pays. Alain Dumait, responsable-gérant du « Cri du contribuable », écrivait déjà en novembre 2009 (n° 78) : « Au compteur, la dette de l’État vient de franchir le cap des 1 500 milliards d’euros. Au rythme de 60 milliards de plus par trimestre, bientôt 80, puis 100, nous serons à plus de 2 000 milliards en 2011 et bien au-delà du taux fatidique de 100 % du PIB. En 2012, les seuls intérêts de cette dette nous coûteront plus de 80 milliards d’euros, le premier budget de l’État avant celui de l’Éducation nationale ! »

Si l’on ajoute à cette dette publique les engagements pour retraites des fonctionnaires, soit environ 1 000 milliards d’euros, c’est quelque 2 500 milliards d’euros de dette que la France devra rembourser. Comment ?

Dans le débat actuel sur le financement des retraites, on peut lire chaque jour des pages et des pages de journaux et écouter des heures durant les explications radio-télévisées notamment sur la réduction des déficits annuels (150 milliards d’euros en 2010), sans d’ailleurs que le problème soit clarifié pour autant. Mais on ne dit mot du remboursement de la dette gigantesque que je viens d’évoquer. De quelle façon va-t-elle être remboursée ?

J’ai posé la question. Je n’ai jamais obtenu de réponse. Tout au plus m’a-t-on dit : « La croissance revenue arrangera tout. » Ce qui est une pitrerie. Un peu comme si, prévoyant des vacances pendant l’été 2015, on m’avait répondu : « En juillet 2015, il fera beau. » On n’en sait rien. En vérité, personne ne sait comment l’État remboursera sa dette.

Or, pour en arriver à ce désastreux bilan, nos dirigeants savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Ce n’est pas l’intelligence qui leur manque, ni la connaissance des dossiers et des centaines de rapports sur le sujet. Ce qui leur manque, tous autant qu’ils sont, de la droite parlementaire à la gauche de gouvernement, c’est le sérieux et l’honnêteté politique. Ils ont sacrifié les finances de la nation à leur obsession de l’élection et surtout de leur réélection.

Le résultat est là : la France est désormais un pays très vulnérable où tout peut arriver. Il n’est pas impossible que, la note de la France étant dégradée, notre pays soit en quelques semaines plongé dans le chaos : défaut de paiement, effondrement des marchés qui ruinerait les « riches » et rendrait les pauvres encore plus pauvres, faillites en chaîne des banques et des entreprises, chômage à 25 % et chez les jeunes à 50 %, émeutes et pillage généralisés par la « diversité » qui n’attend que ça. Je dis bien : ce n’est pas sûr, mais c’est possible.

Dans une telle hypothèse que ferait le gouvernement aux abois ? Il appellerait l’Alle­magne au secours, mais les Allemands en ont plus qu’assez d’aider les cigales, y compris la cigale française. L’aide à la Grèce pour permettre sa survie temporaire a donné lieu aux réticences que l’on connaît. Qu’en sera-t-il lorsqu’il sera prouvé que la Grèce ne peut rembourser les prêts qui lui ont été consentis, contraints et forcés, et que des dizaines de milliards d’euros prêtés à Athènes n’auront servi à rien ?
Ce sera pour Angela Merkel l’occasion de gémir : « Je vous l’avais bien dit », et de refuser cette fois-là inexorablement de perfuser les pays du « Club Méd », dont la France. Alors, de facto, l’Europe se scindera, d’un côté les pays plutôt sérieux dans l’orbite économique et financière de l’Allemagne : l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark, le Luxembourg ; et puis le reste. C’est là la moins mauvaise hypothèse. Mais il y en a une autre beaucoup plus inquiétante. Les grands économistes anglo-saxons, dont Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien chef économiste de la Banque mondiale, ont clairement déclaré que : « Sans évolution rapide vers le fédéralisme, sans politique budgétaire commune, l’union monétaire européenne était vouée à disparaître. » L’ancien président de la Fed sous Carter et Reagan, Paul Volcker, est plus direct : « L’union monétaire européenne, estime-t-il, est condamnée. Elle disparaîtra. » On peut facilement imaginer les conséquences sur les marchés et… dans la rue d’une pareille catastrophe.
Bref, un enfant de 12 ans normalement constitué n’aurait jamais mené une telle politique dont il est désormais impossible de cacher l’aboutissement.

Le peuple français dans sa majorité ne comprend pas toujours les statistiques dont il est abreuvé, des sortes de hiéroglyphes : le déficit du PIB (7,5 % en 2009, 8,2 % en 2010, 10 % prévus en 2012 contre 3 % promis à Maastricht). Les dépenses d’assurance-maladie cumulées depuis 1998, c’est un trou de 19 milliards d’euros. Les dépenses de santé augmentent de façon générale de 3,5 % par an. La dette nationale de 2000 euros par seconde ! Le salarié à 3 200 euros bruts mensuels en perçoit en réalité, après impôt et charges, 1 633 euros. ça, c’est facile à comprendre ! Le matraquage fiscal, on sait ce que ça donne, les socialo-communistes pour surmonter la crise voulant en fait l’aggraver encore ! La France, dois-je le rappeler, est déjà de tous les pays industrialisés, celui où l’impôt est le plus lourd pour financer notamment l’État-providence immigrationniste, avec pour résultat des millions d’habitants qui vivent dans une grande précarité, dont une majorité d’Africains – des villes importantes sont désormais peuplées à 80 % de Maghrébins et de « Subsahariens » qui vivent pour l’essentiel d’allocations publiques. Ne nous étonnons donc pas que Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, ait révélé que 15 millions de foyers atteignent difficilement la fin du mois avec 50 ou 100 euros, l’angoisse en plus.

Et voici que, depuis plusieurs semaines, on nous dit que, pour payer les retraites à 60 ans (en Allemagne et au Danemark, 67 ans), on va mettre les hauts revenus et le grand capital à contribution. Une musique connue, qui plaît aux syndicats. Fort bien, mais cette rigueur soudaine, qu’il aurait fallu pratiquer voici 30 ans, réduira à coup sûr une croissance déjà bien faible et aggravera la situation économique et sociale, et pour commencer le chômage.

Sans connaître le détail de cette situation alarmante, le peuple français en saisit néanmoins l’essentiel. Un sondage publié par le Monde montre que 85 % des Français n’ont plus confiance dans les capacités de l’État à améliorer les situations sociale et économique avec, de surcroît, un chef de l’État qui a désormais contre lui 70 % d’opinions défavorables et, toute disposée à retrouver le pouvoir, une gauche socialo-communiste qui croit tout résoudre en augmentant les impôts, ce qu’elle a fait chaque fois qu’elle a pu le faire. C’est cela la réalité ; tout le reste, c’est du vent !

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