Trémeau Bernard - mercredi 05 juillet 2006
Depuis que la France, associée à différents pays européens, a choisi l’euro comme monnaie, elle a abandonné à une banque centrale européenne (la BCE) la responsabilité de la gestion de la monnaie. Les pouvoirs politiques européens ont donné à la BCE une seule mission : maintenir l’inflation annuelle de l’euro en dessous de la barre des 2 %. Quand la BCE juge que l’inflation menace, elle augmente ses taux courts, c’est-à-dire les intérêts que doivent lui payer les banques privées demandeuses de crédit. Les banques privées reportent cette augmentation du coût de l’argent sur leurs clients demandeurs de crédit. Ils deviennent de ce fait moins nombreux.
Quand la BCE accorde un crédit à une banque privée, il y a création monétaire. Mais ensuite, quand la banque privée rembourse ce crédit, la banque centrale détruit la monnaie remboursée. La quantité de monnaie mise en circulation est le résultat de ces deux mouvements.
L’État Français, qui dépense plus qu’il ne gagne, peut emprunter directement à la BCE la monnaie dont il a besoin, mais il doit ensuite rembourser ses dettes. Il s’est par ailleurs engagé à ne pas avoir un déficit budgétaire supérieur à 3 % de son PIB. Ce déficit, augmentant la monnaie en circulation, risque d’être inflationniste.
Jusqu’à maintenant la BCE a pratiquement atteint l’objectif qui lui avait été fixé par les pouvoirs politiques : maintenir l’inflation de l’euro en dessous de la barre des 2 %. Elle contrôle donc relativement bien la valeur de la monnaie grâce aux variations de ses taux courts. Elle y arrive, bien que les pouvoirs politiques lui compliquent sérieusement la tâche. En effet, ils prennent bien souvent des mesures ayant un potentiel inflationniste. Le gouvernement français semble être, dans ce domaine, particulièrement imaginatif.
Le RMI augmente la demande sans augmenter l’offre. Pour qu’il ne soit pas inflationniste, il faudrait qu’il soit uniquement financé par un impôt diminuant, de son côté, la demande.
Un engrenage inflationniste
Les entreprises payent les charges sociales. Ces charges sociales sont ensuite versées aux malades pour rembourser leurs dépenses médicales ou pour leur procurer des revenus en cas d’arrêt de travail. La « consommation » de médecine est devenue, pour une bonne partie des dépenses médicales, une consommation courante. Les charges sociales financent aussi les retraites, donc procurent des revenus à ceux qui ne travaillent plus. Or, tandis que les Français augmentent en moyenne de trois mois tous les ans leur durée de vie, le départ à la retraite se fait de plus en plus tôt… Le fonds chômage donne enfin des revenus à ceux qui n’ont plus de travail, parfois pendant plusieurs années. Ce système prend aux entreprises l’argent dont elles ont besoin pour investir et augmenter l’offre, pour le redonner aux malades, aux retraités ou aux chômeurs qui ne produisent rien. Il réduit l’offre et augmente la demande. Il est parfaitement inflationniste. Le SMIC qui contraint les entreprises à payer un salaire minimum de plus en plus élevé, réduit de la même façon l’offre tout en augmentant la demande.
La loi sur les 35 heures payées comme 39 est tout aussi inflationniste. Elle réduit de 11,6 % les capacités de l’offre, tout en maintenant la demande au même niveau.
Ces quatre exemples phares montrent que la politique dite sociale est une source importante d’inflation en France. La BCE intervient alors. Elle augmente ses taux courts quand elle estime que l’inflation menace. Ne pas le faire serait une grave erreur. En effet, créer une monnaie dont la valeur est détruite par l’inflation ne fait qu’introduire un désordre de plus dans le fonctionnement de l’économie, sans augmenter d’un sou le pouvoir d’achat de la population.
L’inflation induite par les différents gouvernements européens, contraint la BCE à augmenter ses taux courts, donc rend le crédit plus coûteux aux entreprises et aux particuliers. La progression du PIB ralentit et le chômage se développe. Par contre, si les gouvernements cessaient d’utiliser des mesures inflationnistes, la BCE pourrait réduire ses taux courts sans que l’inflation apparaisse. Le PIB redémarrerait et le chômage baisserait.
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