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Où vont les banques ? Elles sont les premières à être visées par la crise


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de Beaufort Hubert - samedi 05 novembre 2011

dette
Dans une récente chronique, nous nous élevions contre la campagne politico médiatique qui présentait les établissements financiers comme les principaux responsables de la crise, alors que ce sont les dettes des Etats avec leurs 6 000 milliards d’euro qui font craindre un ébranlement économique et social qui s’ajouterait à l’impact des révolutions du Moyen Orient.

En France, plusieurs banques sont victimes d’attaques boursières très violentes : citons la Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole avec des cours qui ont subi des baisses pouvant dépasser 50 %, et la banque franco belge Dexia, en phase de démantèlement. La gestion aventureuse de Dexia est un cas particulier qui fera l’objet d’une chronique ultérieure. Sa faillite ne devant pas mettre en danger le financement des collectivités locales, ce financement sera repris par la Caisse des Dépôts qui l’assurait antérieurement.

Prendre les banques pour des boucs émissaires reste une aberration politique et économique : ce sont des outils et non des promoteurs ou des initiateurs.

Si l’effet de panique se maintenait, il appartiendrait à L’Etat français d’aider provisoirement les établissements attaqués, puisque c’est l’Etat qui les a poussé à souscrire les obligations grecques et c’est l’Etat qui stérilise une partie des dépôts en les faisant gérer par la Caisse des Dépôts pour ses besoins.

Concernant notre système bancaire, médias et politiques ne parlent pas d’un établissement qui structurellement échappe au cyclone actuel : c’est le Crédit Mutuel, impliqué pour seulement 0,5 milliard d’euro en Grèce et pour rien dans Dexia.

Pourquoi ? Il s’agit d’une banque mutualiste découpée en 2 000 caisses régionales administrées par 24 000 administrateurs élus, qui représentent 7 millions de sociétaires, soit 7 millions d’actionnaires.

Un marketing oppressant

Comment le Crédit Mutuel, non côté en bourse, est-il noté par les agences de notation ?

« Perspective stable » par les trois agences Fitch, Poor’s et Moody’s. Les agences qui, désormais, veulent juger, non seulement les données comptables, mais les politiques menées, sont évidemment sensibles à des structures aussi décentralisées et aussi liées à la clientèle. Autre exemple de sécurité : Neuflize détenu à 100 % par l’Etat Hollandais.

Précisons bien que nous ne cherchons ni à encenser le Crédit Mutuel et Neuflize, ni à jeter l’opprobre sur les autres grandes banques. Nos chroniques se basent sur des données macroéconomiques et géopolitique objectives analysant les chiffres significatifs, les concepts avec leurs évolutions.

Il est clair que la mondialisation, avec les nouvelles techniques informatiques, a fait exploser les capacités d’une spéculation financière maniée par des traders de talent. Aucune banque ne pouvait échapper à ces nouveaux marchés qui s’ouvraient en France comme à l’étranger, et soumis à la sanction quotidienne de la bourse et des marchés financiers.

Ce ne sont pas les dirigeants qui sont en première ligne, mais un marketing oppressant qui oblige à suivre les évolutions pour le meilleur et pour le pire. La dette croissante des Etats, financée à bon compte durant des années par la Chine, pour ne citer qu’elle, en est la triste preuve.

Les banques d’affaire et les cabinets spécialisés peuvent conserver leur place, bien entendu, mais en retrouvant prudence et modération.

En conclusion, n’oublions pas que nous traversons une crise multiforme : économique, financière, sociale et géopolitique. Nos dirigeants doivent en avoir conscience, y faire face, bien entendu, et d’abord expliquer cette crise à nos concitoyens pour s’attaquer à ses vraies causes : c’est plus qu’une attente, c’est une exigence.


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