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Ouragan Katrina: Une infinie tristesse


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Milliere Guy - dimanche 11 septembre 2005


Je suis rentré du Texas depuis quelques jours à peine, et c’est avec une infinie tristesse que j’ai observé, de loin, les ravages provoqués par l’ouragan Katrina dans une région que j’aime, la Louisiane et le Mississipi, et dans une ville où j’étais voici peu encore, New Orleans.

Des centaines de milliers de personnes ont vu leur vie dévastée, des milliers d’êtres humains sont morts. Les dégâts sont immenses. Le quart des capacités de raffinage américaines est hors d’usage. De grands centres hospitaliers sont inutilisables pour des mois. Un million et demi de personnes au moins ont non seulement perdu leur domicile et leur emploi, mais aussi tout espoir de revenir là où ils vivaient. J’ajouterai que le port de New Orleans était le principal port des États-Unis pour ce qui concerne le commerce des matières premières. Au désastre économique et humain s’ajoute un désastre culturel : New Orleans et sa région ont vu naître le jazz, la culture cajun, le French Quarter fait partie du patrimoine architectural de l’humanité.

Même l’ONU, dont en général je n’attends rien, a publié un communiqué parlant d’une catastrophe de « taille démesurée », la plus grave survenue en Amérique du Nord depuis des décennies.

La réaction de l’essentiel des politiciens démocrates américains ne m’a pas surpris : ils ont, une fois de plus montré qu’ils n’avaient pas la stature d’hommes à même de gouverner et, plutôt que de penser aux victimes, se sont empressés, dans la logique folle de la frénésie gauchiste qui les habite depuis que Clinton n’est plus à la Maison Blanche, d’incriminer les compagnies pétrolières, l’insouciance du gouvernement devant le réchauffement global, et bien sûr, l’irresponsabilité de l’administration Bush.

La couverture donnée aux événements par les médias français ne m’a, hélas, pas surpris non plus, mais elle m’est apparue moralement répugnante. En décembre dernier, lors du tsunami qui a frappé l’Asie, un élan de générosité hors de toute proportion a envahi les médias français.

Aujourd’hui, rien de semblable, pour une raison essentielle qu’on peut nommer avec deux ou trois mots : l’envie, le ressentiment, la haine envers les États-Unis d’Amérique. La première puissance du monde est « humiliée » ont noté d’aucuns avec une visible jubilation. D’autres ont souligné la désorganisation des secours, parlé avec ironie de malades évacués en urgence vers l’aéroport dans des conditions « inadéquates ». Certains ont dit que la population locale avait été abandonnée parce qu’elle est « pauvre » et « noire ». On a glosé sur la face « cachée et misérable » des États-Unis, sur le fait que le personnel nécessaire avait été envoyé mener la guerre d’Irak, que les crédits nécessaires au renforcement des digues avaient été amputés, sur l’absence de réaction immédiate de George Bush.

Voyant comment la canicule d’un été récent a fait 15 000 morts entassés dans des congélateurs à viande, je doute que la France aurait pu faire mieux dans un contexte où c’est une surface de quelque 220 000 kilomètres carrés qui s’est trouvée inondée, et privée pendant trois jours de la quasi-totalité de ses moyens de transport et de communication.

Je doute aussi que la France et l’Europe auraient pu faire mieux si une ville de la taille de Paris et peuplée d’un million et demi d’habitants avait connu une inondation qui a fait monter l’eau jusqu’à huit mètres en certaines zones. Bush a dit que les États-Unis pouvaient s’en sortir seuls, il a raison. Les États-Unis sont un pays rude où la nature est parfois très dure : tremblements de terres, froid glacial l’hiver en certaines zones, cyclones. Les États-Unis se relèveront et mieux vaut recevoir le moins d’aide possible de gens qui parlent comme des hyènes.

L’Amérique est habituée à l’ingratitude et à la haine. Que ceux qui se réjouissent aujourd’hui n’oublient pas cependant qu’un jour ou l’autre ils pourraient avoir besoin de l’Amérique.

Qu’ils n’oublient pas non plus que dans une économie mondialisée, l’Amérique est la locomotive qui tire la croissance planétaire : si les États-Unis devaient souffrir davantage, nous aurions nous aussi notre lot de souffrances, et nos économies essoufflées n’ont pas la puissance et la vigueur de l’économie américaine.


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En bref
COLÈRE
«Il est urgent d’offrir un débouché politique à la colère qui monte…» François Hollande

SIC

HOLLANDE «François Hollande, c’est l’Hibernatus de la politique : je ne dis rien, je ne pense rien, je ne propose rien !» Nicolas Sarkozy

ISRAËL «Nous devons travailler avec les Américains à convaincre les Israéliens…» Mahmoud Abbas

CENTRALISME «C’est un crime dans ce pays de ne pas être jacobin !» Patrick Le Lay, PDG de TF1

FŒTUS (1) «Une vague d'émotion et d'indignation submerge le gouvernement et les médias parce qu'on a retrouvé 351 fœtus conservés dans un hôpital. Dans nos hôpitaux et nos cliniques, environ 600 fœtus sont tués chaque jour, sans que cela soulève la moindre émotion. Pourquoi? Cette question est sans doute politiquement très incorrecte. Elle devrait pourtant interpeller les Français…» Jean-Marie Le Pen

FŒTUS (2) «La surmédiatisation de l’affaire des fœtus de St-Vincent de Paul est malsaine. Aujourd'hui, les gens s'énervent sur des fœtus morts conservés dans un hôpital. Mais personne ne s'émeut de ceci : quand un fœtus de plus de 22 semaines en bonne santé meurt à la suite d'un accident de voiture ou d'une erreur médicale, cette destruction n'entraîne aucune sanction pénale…» Pr Claude Sureau, membre du Comité national d'éthique

FŒTUS (3) «Dans l’affaire des fœtus de St-Vincent de Paul, il n'y a pas eu d'atteinte à la dignité humaine. Les politiques ont pris l'habitude de réagir sans avoir de véritables informations. C'est une grave erreur!» Pr Israël Nisand, professeur de gynécologie-obstétrique




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