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Ouverture : « l’établissement » brûle toutes ses cartouches


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Rouxel Jean - mardi 09 octobre 2007

sarkozy, ouverture
Nicolas Sarkozy jubile : « Les Français plébiscitent l’ouverture. On a l’opinion de notre côté et, en plus, on met la pagaille chez l’adversaire. Pourquoi s’arrêter ? ». Des rumeurs courent sur un remaniement ministériel en janvier, pour les municipales de mars.

Sarkozy a de belles pièces à son tableau de chasse : Dominique Strauss-Kahn, ex-ministre de Jospin catapulté patron du FMI, Jean-Marie Bockel, maire ex-socialiste de Mulhouse devenu secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, ou le « french doctor » Bernard Kouchner trônant à la tête du Quai d’Orsay. Le président de la République ne compte pas en rester là. Dès le lendemain de la présidentielle, il fit des avances à Julien Dray, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, qui « mollit » ces jours-ci. Vache sacrée du mitterrandisme, Jack Lang rêve de remplacer Christine Albanel au ministère de la Culture, ou de diriger une prestigieuse mission « EuroMéditarrénéenne ». Ses vœux seront exaucés. Parmi les notables du PS, rares sont ceux qui n’attendent pas l’appel de « Nicolas », qu’ils tutoient.

Tel un renard dans un poulailler, Sarkozy siphonne les forces vives du PS. Il s’intéresse même au PC. Voyant les postes prestigieux offerts aux adversaires d’hier, des élus UMP ont laissé exploser leur colère au récent congrès de l’UMP. « Un congrès de merde », a fulminé Sarkozy. Mais l’ire de son camp a peu de chances de se traduire en une dangereuse fronde parlementaire : le destin électoral des élus UMP est arrimé au sien.

Sarkozy embarque la gauche dans le vaisseau gouvernemental. Aussi, l’entraînera-t-il dans son naufrage. DSK, de Washington, ne perd pas de vue l’élection présidentielle de 2012. Il a confié à ses lieutenants, Pierre Moscovici, député du Doubs, et Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire National du PS, la garde de son courant dans le parti. Mais il n’apparaîtra pas comme une alternative sérieuse à un président sortant auquel il devra sa nomination à la tête du FMI. Manuel Valls, député de l’Essonne, l’a bien compris, qui refuse les avances de Sarkozy et brigue la succession de François Hollande. Mais il est confronté au décès idéologique de la gauche.

Avec l’ouverture à outrance, la classe politique brûle toutes ses cartouches, laissant la voie libre aux « extrêmes », surtout de droite. Le Front national est en déshérence. Mais la nature n’aime pas le vide. Quelque chose se lèvera à l’intérieur ou à l’extérieur du Front national…

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