de Beaufort Hubert - lundi 19 septembre 2011
Nous traversons une crise multiforme puisqu’elle touche à la fois lagéopolitique avec les guerres en cours et ses symboles démocratiques, l’économie avec la dette des Etats, le malaise social avec le chômage et le pouvoir d’achat.
Politiques et médias tentent de masquer les réalités par le vocabulaire et l’usage de mots utilisés comme des potions magiques. Tentons aujourd’hui d’expliquer ce que recouvrent en réalité les vocables utilisés quotidiennement par les médias et les politiques.
Commençons par le PIB, le Produit Intérieur Brut censé indiquer la richesse produite par un pays. Le PIB c’est une somme de valeurs estimée à 2 000 milliards de dollars et ce PIB est divisé en quatre chapitres :
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La valeur produite par l’agriculture et sa transformation : 2 % du PIB.
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La valeur produite par l’industrie : entre 17 et 20 % du PIB.
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La valeur produite par le secteur marchand, services, commerce et finance : environ 45 % du PIB.
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La valeur produite par les secteurs nos marchands que sont les administrations publiques et leurs annexes : entre 35 et 40 % du PIB.
Le PIB est donc un ensemble étrange puisqu’il additionne trois recettes et une dépense : les salaires des fonctionnaires, les RMI et RSA ne fabriquent pas de la richesse.
Aucun ménage, aucune entreprise ne comptabilise ses dépenses dans ses revenus, mais c’est ce que fait l’Etat. Certes, la fonction publique est nécessaire, soyons clairs, mais encore une fois c’est une dépense et non une recette. Il en est de même des allocations RMI et RSA.
Chaque recrutement de fonctionnaire, chaque augmentation de salaires fait croître le PIB. La généralisation du système dans l’ex-Union Soviétique avait permis au régime d’affirmer que son PIB était le deuxième mondial derrière les USA, surévalué de 75 %. On doit d’ailleurs se demander comment sont calculés les PIB des pays en voie de développement, à commencer par l’Afrique : qui contrôle les chiffres ?
Une partie du problème de la Grèce d’aujourd’hui provient de son inflation de la fonction publique. Pour la France, répétons-le encore une fois : nous ne pouvons fonctionner avec des dépenses publiques de 56 % du PIB contre 48 % en Allemagne. Ces 160 milliards d’euro devront être expliqués et progressivement supprimés.
La richesse fictive entraîne aussi une augmentation fictive du pouvoir d’achat individuel, ce qui nous conduit à parler de l’inflation qui elle aussi entraîne une augmentation du PIB, sans création de richesse.
Trop de politiques tentent de masquer les problèmes économiques par des slogans hélas vides de sens réel. Citons en deux :
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« Démocratie », qui implique en réalité une demande de minimum vital ;
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« Fiscalité nouvelle » et dépenses publiques au lieu de priorité à la production de richesses. La France, championne des prélèvements, devrait en avoir conscience, elle qui a perdu la moitié de son industrie en 25 ans.
Le temps des mots creux et des slogans est révolu. Les conflits, les crises sociales le démontrent chaque jour. Le présent et l’avenir exigent lucidité et effort : ce sont les seules voies qui peuvent ramener paix et croissance.
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