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PS : des primaires illégales |
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Fretté Philippe - mardi 18 octobre 2011
parti-socialiste
Nicolas Sarkozy a raison lorsqu’il dit, certes bien timidement, que les primaires socialistes sont contraires à l’esprit de la Ve République. Il devrait aller plus loin et oser dire, en sa qualité de garant des institutions, qu’il y a détournement des règles électorales et en tirer toutes les conséquences.
On a réussi à faire passer pour « d’intérêt général » des élections internes à un parti politique. Ces élections ont pris une dimension nationale, ce qui était d’ailleurs parfaitement prévisible. Car tel était le but. Le PS n’a-t-il pas surtout besoin que l’on parle de lui ?
Les chaînes publiques, oubliant leur devoir de neutralité, ne se sont pas gênées pour donner à l’événement un retentissement qu’il n’aurait jamais dû avoir.
Mais ce qui est plus étrange, c’est que les collectivités territoriales, normalement dévolues au service public, et financées par l’argent public, se soient soumises, souvent avec beaucoup de zèle, aux exigences d’un parti, pour une élection dont les modalités, définies par lui seul et non par la loi, sont critiquables à de nombreux égards.
D’évidence, on n’aurait pas vu le même enthousiasme, si le Front National, Lutte Ouvrière, ou même l’UMP, avaient tenté d’organiser des primaires sur le même mode.
Pour participer à ces élections, les conditions étaient au nombre de trois : déclarer son identité, payer 1 euro, et signer un engagement de respecter les « valeurs de la gauche » (comme si le PS en avait le monopole !).
Autant d’entorses aux principes qui régissent toute élection sous la Ve République. À savoir, le principe du secret, la gratuité, et la non-discrimination des électeurs, dès lors qu’ils remplissent des conditions requises, conditions liées au statut civique et non aux opinions politiques.
Aucun de ces principes n’a été respecté. Les nombreux Français, qui n’adhèrent pas à l’idéologie du PS, se sont donc abstenus de participer à ces élections. Alors qu’elles s’inscrivent dans un objectif clair : préparer des élections présidentielles.
Après tout, pourquoi un non-socialiste n’aurait-il pas le droit de choisir une personnalité PS qui lui semblerait « un moindre mal » ? Ce sont des démarches que l’on voit dans toutes les élections. Rappelons-nous de 2002, où certains électeurs de gauche venaient voter pour M. Chirac contre M. Le Pen avec… des masques à gaz. On ne leur a pas demandé de signer un engagement de respecter les valeurs de la droite !
Il n’échappe à personne que ces élections, autoproclamées « primaires », s’inscrivent bel et bien dans un processus électoral plus large, puisqu’il s’agit à terme d’élire le chef de l’État.
Susciter l’auto-censure des non-socialistes est la plus subtile des censures !
Nous avons donc laissé faire un véritable forcing électoral, avec l’émergence d’une nouvelle pratique électorale non prévue par les textes (et même en contradiction avec eux). Malgré les protestations d’usage, on se doute qu’il y a eu quelques complicités à droite, à moins qu’il ne s’agisse d’une coupable naïveté.
En conséquence, de nombreux acteurs sont fondés à se prévaloir d’un préjudice. En premier lieu, l’électeur, qui se voit exclu et qui ne peut, dans le cadre de cette élection d’envergure nationale, exprimer son avis. En second lieu, les partis politiques constitués, du fait que cette élection fausse le jeu électoral, dès lors qu’elle concède à un parti particulier un traitement électoral dérogatoire.
Ils sont donc parfaitement en droit de poursuivre l’État qui a accepté que la puissance publique apporte son concours à ces élections et qui, de ce fait, a commis une faute.
Ils sont aussi fondés à saisir le juge du contentieux électoral aux fins de lui demander de déclarer nulles et non avenues de telles élections.
Espérons qu’ils seront très nombreux !
Espérons aussi que les temps de parole sur les ondes pour les présidentielles, seront comptabilisés dès à présent, puisque tout porte à croire que la campagne électorale a déjà commencé !
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