|
|
Paradis fiscaux : les boucs émissaires de la crise |
|
Baudouin Pierre - mardi 31 mars 2009
fiscalite
Parmi les boucs émissaires les plus commodes en temps de crise, figurent les « paradis fiscaux ». Il est donc probable que, parmi les décisions funestes à attendre du G20 qui vient de débuter à Londres, on trouve quelques mesures contre lesdits « paradis fiscaux ».
Naturellement, comme tout le monde en a, en réalité, besoin, ces mesures ont toutes chances d’être assez symboliques. Mais, l’aspect symbolique n’est pas négligeable et il faut dire et redire que les « paradis fiscaux » n’ont pas de responsabilité discernable dans la crise actuelle.
Tout d’abord, « paradis fiscal » est une notion relative : la Belgique est un paradis fiscal comparé à la France. On pourrait légitimement demander à la caste politico-médiatique de concentrer ses attaques contre les enfers fiscaux, somme tout plus dangereux que les prétendus paradis fiscaux.
Doit-on comprendre que la lutte contre les paradis fiscaux soit une lutte contre l’argent sale ? Mais, alors, on confond tout ! L’argent sale ne va, ni plus ni moins que l’argent propre, vers les pays dont les taux d’imposition sont les plus faibles. Il va vers les banques peu regardantes sur l’origine des fonds. C’est tout de même assez différent. Il existe des paradis fiscaux où les banques contrôlent l’origine des fonds et sans doute aussi des pays qui ne sont pas des paradis fiscaux où les banques sont assez peu scrupuleuses…
Si on se concentre à présent sur la fiscalité, il convient de rappeler que l’évasion fiscale et la fraude fiscale ne sont nullement la même chose. Et tout ce que l’on pourra obtenir en luttant contre les paradis fiscaux, c’est de rendre plus complexe l’évasion fiscale. Par conséquent, on vise ainsi à gêner prioritairement ce qui est le moins délictueux. Curieuse conception !
J’ajoute que les États ne sont pas si regardants que cela sur l’argent sale quand ça les arrange. Le directeur de l’organisme de l’ONU en charge de la lutte contre la drogue, Antonio Maria Costa, a par exemple révélé au début de l’année – dans l’indifférence générale – que l’argent sale avait probablement été largement utilisé pour le renflouement des banques, ces derniers mois…
Le plus bizarre, c’est que la lutte contre les paradis fiscaux semble devoir être une lutte interne à l’Union européenne. Le Luxembourg est particulièrement visé. S’agit-il alors simplement de manœuvres politiques pour la prochaine nomination du président de la Commission – pour laquelle il se murmure que Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, serait bien placé ? Peut-être.
Il reste que, pour les peuples, la lutte contre les paradis fiscaux est au mieux de la poudre aux yeux ; au pire, une façon de nous préparer à servir un Big brother mondial de la fiscalité…
Bref, si les dirigeants du G20 voulaient s’occuper de résorber la crise, ils ne s’attaqueraient pas aux paradis fiscaux. Ils pousseraient les enfers fiscaux à se réformer, à préférer l’épargne des individus à l’endettement public, la diffusion de la propriété à la spoliation universelle… Il est vrai que je parle des dirigeants irresponsables du G20, et non de personnes au service du bien des peuples !
16 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Valmonde
La diffusion payée de « Valeurs actuelles » a nettement augmenté en 2008 (2,7 %), pour atteindre 85 000 exemplaires en moyenne.
medias
Femmes > Le magazine « Femmes », lancé en mai 2008, a connu une diffusion payée de 100 000 exemplaires durant ses six premiers mois d’existence.
international > L’hebdomadaire « Courrier international » s’est vendu en moyenne à 197 000 exemplaires en 2008, soit une progression de 4,3%.
Magazines > Le nombre d’exemplaires de magazines vendus en France a diminué de 2,1 % en 2008. Ce chiffre dissimule une réalité contrastée : les ventes en kiosque ont chuté de 4,8 %, tandis que les abonnements augmentaient de 2,2 %.
Murdoch > Le géant des médias, News Corp, dirigé par Rupert Murdoch, a annoncé des pertes de 6,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de son exercice 2008-2009. La perte d’exploitation est, quant à elle, nettement moins catastrophique : 818 millions.
New York Times > Le site internet du célèbre quotidien new-yorkais est le plus important site d’informations au monde, avec 20 millions de visiteurs uniques par mois !
Publicité > Globalement, le nombre de pages publicitaires dans la presse française a diminué de 0,1 % en 2008 (bien que le nombre d’annonceurs ait augmenté de 1,9 %). La presse professionnelle est la plus touchée avec une chute de 8,3 %. À l’inverse, les quotidiens régionaux ont, quant à eux, augmenté leur nombre de pages de publicité de 5,2 %. |
|
|
|