Rouxel Jean - mercredi 19 juillet 2006
Le Proche-Orient flambe. Réagissant à l’enlèvement de trois de ses soldats par des terroristes palestiniens, Israël a lancé des opérations militaires de grande envergure, et d’une durée indéterminée, contre la bande de Gaza et le Liban. Le retrait israélien du Liban-sud, en mai 2000, avait livré cette zone au Hezbollah (chiite). Celui de la bande de Gaza, en septembre 2005, au Hamas (bras armé des Frères musulmans), et à ses proches. Le Hamas et le Hezbollah prirent ces concessions pour des faiblesses. Ils se sont enhardis à multiplier les tirs de roquettes (dont les performances s’améliorent) sur Israël. Aussi, celui-ci entreprend-il d’éradiquer les bases de ces mouvements terroristes, soutenus par l’Iran et la Syrie. Israël à l’accord des États-Unis.
L’Asie surchauffe. Les attentats de Bombay (179 morts, 773 blessés) sont, eux aussi, dus au terrorisme islamiste, en l’occurrence lié au sécessionnisme du Cachemire. Cela réveille les tensions entre ces deux puissances nucléaires que sont le Pakistan et l’Inde, et, à l’intérieur de celle-ci, entre les hindous et la minorité musulmane (150 millions de personnes). L’Iran (qui s’emploie à déstabiliser l’Irak et les Territoires palestiniens), diffère sa réponse aux propositions des six (les cinq du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne) et ne renonce pas à enrichir l’uranium (condition préalable aux négociations). L’affaire est renvoyée devant le Conseil de sécurité. Mais la Russie et la Chine empêcheront celui-ci de voter des mesures radicales. Aussi, les Américains seront-ils sans doute amenés à lancer une attaque aérienne contre les sites nucléaires iraniens, déclenchant une terrible onde de choc.
Le 5 juillet, la Corée du Nord, puissance nucléaire ayant quitté le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2003, tira vers le Pacifique sept missiles, vite retombés. Exaspération des États-Unis et du Japon. L’un de ces missiles était le Taepodong-2, portant à 6 700 kilomètres et pouvant transporter une ogive nucléaire. Pyongyang ne lancerait pas ces défis sans la protection chinoise. Un axe « islamo-confucéen » s’est mis en place. Pyongyang a donné à Téhéran sa technologie des missiles. La Chine, et le Pakistan (par le réseau d’Abdul Qadeer Khan, ex-directeur de son programme nucléaire), ont contribué à son industrie nucléaire.
La Russie aussi, qui soutient l’Iran, aux côtés de la Chine, avec laquelle elle tisse des liens politiques et militaires.
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