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Pas de progrès sans classe moyenne !


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Douplitzky Serge - mardi 04 octobre 2011


Tout le monde, sauf quelques socialistes doctrinaires, se rend compte maintenant que l’État-providence va trop loin. Mais, personne n’est prêt à prendre les mesures drastiques que réclame la situation.

Pourtant, on ne pourra vraiment sortir de cette crise rampante que par une purge sévère qui devra être administrée aux plus aidés, aux profiteurs de tout poil, à ceux qui vivent beaucoup trop sur le dos des autres et, par contrecoup, malheureusement, aux plus fragiles.
En effet, on ne vient pas à bout de « trop de dettes » par « plus de dettes », de « trop de crédits » par « plus de crédits », de « trop de protection sociale » par « plus de protection sociale », de tous les maux par des mesures aggravantes…

Il faut comprendre que nous ne traversons pas une période difficile, mais que nous vivons un séisme structurel de grande ampleur.
Nos pays occidentaux, après des millénaires de tutelle dirigeants-dirigés, se sont progressivement ouverts aux progrès culturels et économiques par l’apparition d’une classe moyenne, créatrice et entrepreneuriale, qui s’est insérée progressivement, au cri de « Liberté », entre les éternels seigneurs et serfs.

Ce n’est que lorsque celle-ci a été suffisamment nombreuse et puissante que le monde d’aujourd’hui a vu le jour et, pour cela, il a fallu qu’un équilibre subtil s’établisse entre les différentes classes pour que prenne la mayonnaise du progrès.

Cela reste vrai de nos jours où, en Chine, par exemple, l’émergence d’une classe moyenne change complètement la donne de ce pays.
Or, dans nos pays occidentaux, la poussée étatique et collectiviste, dans un but démagogique et utopique, a favorisé des transferts sociaux de plus en plus insensés et mortifères, émasculant les volontés et favorisant, d’une part la stratégie de la main tendue (implorante au début, exigeante ensuite) et, d’autre part, la malhonnêteté et la paresse, privant les pays d’une large partie des ressources potentielles.

Mais le plus grave tient au fait que c’est sur le dos de la classe moyenne que s’est faite cette évolution. Elle glisse peu à peu dans la pauvreté et la démoralisation. À quoi bon entreprendre pour être dépouillé par l’État à plus ou moins long terme ?
L’équilibre magique à l’origine du progrès et de la croissance a été rompu et l’égalitarisme nous ramène petit à petit au statut initial de « maîtres et serviteurs », comme cela s’est passé en URSS et dans les pays communistes.

C’est cet équilibre qui doit être reconstruit en tout premier lieu, car c’est la classe moyenne qui a toujours été le moteur du développement et de la croissance et donc de l’emploi depuis que l’agriculture a de moins en moins besoin de bras.

Or, les politiciens au pouvoir suivent une politique économique et sociale qui ne peut qu’échouer, car elle va à l’inverse de ce qu’il faudrait faire.
Ils veulent une réforme fiscale de grande ampleur préservant les avantages acquis, financée à nouveau par la classe moyenne productrice, sans s’attaquer aux vrais problèmes du gaspillage, du poids insupportable des échelons superposés du pouvoir, de l’inefficacité de nombre d’organismes qui ne semblent exister que pour recueillir des prébendes de l’État, en se payant le luxe, eux qui ne savent que dépenser l’argent des autres et jamais en gagner, de vouloir lancer de grands projets d’investissements qui finiront, comme tout ce qu’ils font, dans le tonneau de Danaïdes.

Une chose, pourtant, est absolument certaine : nous ne devons pas nous enliser davantage dans cette société paresseuse de purs consommateurs à crédit, dans un monde qui, tout autour de nous, a de l’énergie à revendre !

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