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Penser dès maintenant à l’après-Belgique


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Choisel Francis - mercredi 15 septembre 2010

belgique
Depuis plusieurs dé­cennies, la Belgique marche sur la voie de son éclatement. La victoire, quoique relative, des séparatistes flamands aux dernières élections législatives et l’impossibilité actuelle de constituer un gouvernement belge réunissant Wallons et Flamands l’ont appris à l’opinion française.

Cette situation n’a rien de surprenant. Il est avéré que les États multinationaux ne sont pas viables. Ils ne le sont pas, en tout cas, en l’absence d’une main de fer à la tête de l’État pour obliger à vivre ensemble des peuples qui n’y sont pas portés. La démocratie leur est fatale. Or, la Belgique est un État multinational, comme l’étaient avant elle la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, l’URSS, qui ont disparu récemment, ou plus anciennement les Empires coloniaux, l’Empire turc, l’Autriche-Hongrie et tant d’autres.

La Belgique est même l’une des dernières constructions multinationales à survivre encore aujourd’hui.

Ses difficultés démontrent, une fois de plus, que l’Union européenne, conçue comme un super-État, n’est pas viable elle non plus. Car l’UE ne peut être que multinationale. Si elle parvient à perdurer – ses fondateurs l’ont compris dès l’origine –, ce sera au prix du déni de la démocratie. L’adoption du traité de Lisbonne, à rebours de la volonté de la majorité des peuples de notre continent, en est d’ailleurs l’éclatante démonstration.

Faut-il pour autant se réjouir de la fin prévisible de la Belgique ? Ce n’est pas certain. L’émiet­tement des États européens, fussent-ils multinationaux, est un pas en direction de l’Europe des régions et pourrait bien représenter un mauvais exemple pour les séparatistes de certaines de nos régions périphériques. On ne peut donc souhaiter la création de deux États nouveaux (voire trois en comptant séparément Bruxelles) en lieu et place du royaume de Belgique.

Dès lors, que faire, ou que souhaiter ?
S’opposer à l’inéluctable n’a jamais été une politique fructueuse. Vouloir à tout prix le maintien de la Belgique ne ferait que retarder l’échéance sans profit pour personne. Mieux vaut prévoir dès maintenant la suite, en travaillant résolument à la meilleure des solutions possibles.

Je n’en vois pas d’autre que la réunion de Bruxelles et de la Wallonie à la France. Ni l’une ni l’autre ne sont une nation, pas plus ensemble que séparément, pas plus que ne l’est aujourd’hui la Belgique tout entière. Pas plus que ne le sont la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais ou l’Alsa­ce. L’histoire comme la géographie le démontrent : la Wallonie appartient à l’espace français. Il n’y a pas plus de différence entre un Wallon et un Normand qu’entre un Breton et un Provençal, langue comprise.

Cette réunion renforcerait une nation, la nôtre. Elle équilibrerait mieux le couple franco-allemand en termes de population, d’économie, de puissance. Elle montrerait aussi aux divers séparatismes que l’heure est toujours, comme depuis 1 500 ans, à la patiente construction de la France et non à sa dislocation. En un mot, ce serait éloigner le spectre de l’Europe des régions en même temps que donner à chacun, dans notre pays et dans le monde, foi en l’avenir de la France.

Or, plusieurs sondages récents l’ont montré, une majorité de Wallons (49 % exactement) choisirait, en cas d’éclatement de la Belgique (la précision est importante), la réunion à la France plutôt que l’indépendance.

Inutile donc de réclamer, comme le fait par exemple Éric Zem­mour, la « réunification française », au motif que la Belgique serait une création artificielle des Puissances, dirigée contre nous, comme le fut naguère la RDA face à l’Allemagne fédérale. L’argument n’est pas faux. Mais ce serait placer le sujet sur un mauvais terrain.

Il suffit de demander l’application stricte en Belgique du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il suffit d’affirmer sans attendre que, le moment venu, les Bruxellois et les Wallons devront être consultés par référendum, parce que c’est de leur destin qu’il s’agit, en dehors de toute considération historique ou géopolitique, qu’elle soit française, européenne ou même flamande.

Et comme leurs sympathies naturelles les portent, semble-t-il, vers nous, comme nous vers eux, nous ne devons pas hésiter à dire aussi que Bruxelles et la Wallonie, si elles le demandent, seront accueillies à bras ouverts dans la communauté nationale, comme le furent Nice et la Savoie, il y a tout juste cent cinquante ans.

http://choisel.info/

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