Trémeau Bernard - mercredi 19 juillet 2006
Les médias nous annoncent à longueur de journées que nous allons bientôt manquer de tout : d’énergie, d’eau, de nourriture… Et l’on nous donne en exemple l’augmentation du prix du pétrole, l’épuisement des nappes phréatiques ou la famine. Les médias déforment très souvent la réalité et il faut essayer de trouver le vrai.
Oui, le prix du pétrole augmente et il atteint même aujourd’hui 77 dollars le baril. Les médias disent que si les prix du pétrole flambent, c’est qu’il devient rare. En fait, chaque fois qu’une crise politique touche les pays producteurs de pétrole, les prix flambent. La guerre civile entre fanatiques religieux en Irak, un pouvoir fanatique religieux installé en Iran ou un pouvoir marxiste fanatique au Venezuela font monter le prix du baril. Quand ces menaces cesseront, le prix du pétrole baissera, comme il l’a déjà fait après la crise politique déclenchée par l’OPEP.
Mais la demande de pétrole augmente dans tous les pays du monde et les réserves ne sont pas inépuisables. Une réelle pénurie de pétrole est donc programmée à long terme, c’est inévitable. Actuellement, le contenu des nouvelles réserves découvertes croit plus rapidement que la consommation, mais les coûts d’exploitation augmentent. D’ici là, de nouvelles sources d’énergie auront eu le temps d’être mises au point, en particulier l’énergie issue de la fusion atomique.
Oui, la consommation quotidienne d’eau fait baisser le niveau des nappes phréatiques, quand les pluies ne sont plus assez abondantes. C’est évident dans les pays désertiques, mais c’est tout aussi évident dans certaines régions françaises. L’équilibre entre la production et la consommation d’eau potable, tel qu’il existait depuis un siècle seulement, se fait de plus en plus mal. Quand les Turcs prennent l’eau de l’Euphrate pour irriguer leurs terres, ils privent d’eau les Irakiens. Il devient indispensable de gérer la production et la consommation d’eau et sur le plan national, et sur le plan international.
La France manque d’eau, mais plus de 60 % de notre eau est utilisée par les agriculteurs pour arroser leurs champs. Un jour viendra où les cultures exigeant de tels arrosages quitteront la France et s’implanteront sous des cieux pluvieux. On ne fait pas pousser les oranges dans nos serres, on les importe. Les émirats arabes sont dans des pays désertiques. Ils utilisent le pétrole de leur sous-sol pour dessaler l’eau de mer et disposer ainsi de l’eau douce dont ils ont besoin. L’utilisation de la fusion atomique donnera un jour au monde l’énergie dont elle a besoin pour produire de l’eau douce avec l’eau de mer. Oui, il y a des millions d’enfants qui meurent de faim dans le monde. Et comme la population augmente à toute vitesse, leur nombre va encore augmenter.
Il y a deux cents ans, la famine touchait encore toutes les populations du monde. Puis, avec le développement et l’industrialisation, la production agricole s’est fortement améliorée. Des stocks de sécurité ont pu être constitués. En 1966, l’Inde d’Indira Gandhi est sortie de la famine grâce à un riz OGM trouvé par un chercheur américain aux Philippines. Dans tous les pays développés, ce n’est pas le manque de nourriture qui pose un problème, ce sont les excédants agricoles. L’augmentation galopante de la population ne touche que les pays sous-développés. Les pays développés ont au contraire tendance à ne plus renouveler leur population. Plus le développement touchera le monde, plus la population de la planète se stabilisera.
Jusqu’à maintenant, l’intelligence humaine a toujours trouvé une solution pour s’opposer efficacement à la pénurie. Mais toute découverte fait courir un risque nouveau qui doit être évalué. Ce n’est pas en s’opposant à l’atome ou en arrachant des plans OGM, ce n’est pas en retournant au moyen âge, qu’on sortira le Monde de la pénurie.
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