Rouxel Jean - samedi 25 septembre 2004
( Mots clefs : Chirac, Borloo , de cohésion sociale, lutte des classes , ISF )
Aujourd’hui, la vulgate marxiste se résume à la « lutte des classes », dernier oripeau révolutionnaire, encore revendiqué par le Parti communiste français ainsi que par ses alliés ou rivaux gauchistes. Dans la pratique politique ou syndicale, cette « lutte des classes » peut être ainsi définie : « Tout ce qui est mauvais pour le patron est bon pour l’ouvrier ! ». Ainsi se justifie par exemple, parmi toutes sortes d’initiatives socialistes récentes, l’instauration il y a près de vingt ans, d’un impôt sur la fortune. Le rendement de cette nouvelle taxe est faible, son coût de perception est élevé, et surtout elle a pour conséquence de faire fuir le capital et les capitalistes. Son rendement net apparent est soit négatif soit dérisoire. Mais ses dégâts économiques sont considérables. Tout le monde en convient. Une majorité d’élus UMP également. Mais Jacques Chirac, ont le sait, est fermement opposé à ce que la main soit levée sur ce tabou. Jean-Pierre Raffarin se le tient pour dit. Ce concept archaïque de « lutte des classes » traverse non seulement la gauche, ce qu’on peut comprendre, avec sa culture ouvriériste du 19e siècle, mais il habite aussi la droite, en tout cas la fausse droite, et à coup sûr l’esprit du président actuel de la République. Le comportement de Jacques Chirac est déroutant et incompréhensible, si on n’intègre pas le fait que le chef de l’État adhère, comme la quasi-totalité des hommes de la gauche, à ce concept de « lutte des classes ». Au plan intérieur, sa compassion naturelle l’amène à patronner le plan de Jean-Louis Borloo dit « de cohésion sociale ». 13 milliards d’euros doivent lui être consacrés au cours des cinq prochaines années. Pour lui, comme pour tout homme de gauche, la solution aux problèmes sociaux réside dans la redistribution des revenus. Pour donner aux pauvres, il faut prendre aux riches. Pour un homme de droite, la promotion sociale passe par la formation, la responsabilité… L’assistance tue l’initiative. Au plan international, son schéma mental est le même. Il n’a fallu que quelques années pour qu’il se convertisse au projet ultra-gauchiste d’un impôt mondial contre la pauvreté. Là encore, le diagnostic est exact. Mais la solution proposée, par la redistribution (augmentation de l’aide publique au développement) est erronée. Maints exemples le prouvent. La Chine n’a été aidée par personne tandis que Haïti crève d’avoir été submergé par l’aide internationale. Mais le propre d’un mythe, comme la lutte des classes, est de résister à toute réalité…
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