Milliere Guy - jeudi 26 janvier 2012
sarkozy, 2012
J’ai, je le reconnais, pensé que Nicolas Sarkozy ferait mieux que Jacques Chirac. Vu ce qu’a fait Jacques Chirac, cela ne semblait pas très difficile. Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir que ce que m’avait dit un de mes amis, qui connaissait bien Nicolas Sarkozy, se révélait exact : Nicolas Sarkozy serait pire que Jacques Chirac.
Nous sommes à l’heure du bilan et celui-ci est accablant. Les rares gestes positifs accomplis ces dernières années, tels la limitation des prélèvements obligatoires ou le projet de réforme des universités, se sont trouvés aussitôt raturés par diverses formes de pusillanimité.
Et, pour le reste, quelle trajectoire (si l’on peut dire, car le mot trajectoire semble tout à fait excessif pour désigner ce qui ressemble à une errance titubante et sans repères) !
Économiquement, la France a stagné : la croissance a été quasiment nulle, le chômage s’est maintenu à un niveau élevé, la pauvreté s’est accrue dans des proportions alarmantes, des entreprises ont fermé sans que d’autres entreprises viennent les remplacer.
« Socialement », il a été procédé à des rafistolages indigents : le RMI a été remplacé par le RSA, quelle avancée !
En termes de sécurité intérieure, il y a eu beaucoup de gesticulation, mais aucun résultat, sinon une « tolérance zéro » appliquée aux automobilistes, ce à quoi les théoriciens américains de la « tolérance zéro » n’avaient effectivement pas pensé car, eux, ils pensaient aux criminels…
Des décisions timides ont été prises : telles la loi sur le voile islamique, qui n’est pas une loi sur le voile islamique, car elle peut concerner aussi les casques de moto ou l’usage du passe-montagne.
D’autres décisions, honteuses et xénophobes, ont fait tache : pour régler des problèmes d’émeutes dans des quartiers islamisés,
on a décidé d’expulser des Roumains en les désignant à la vindicte. Pour tenter de faire plaisir aux adeptes de la peste verte écologique, on a pris des mesures inutiles et coûteuses,
telles l’ajout d’éthanol dans l’essence, l’imposition de normes « basse consommation » dans le secteur immobilier, ou la construction de parcs d’éoliennes destinés à faire ce que les ministres font déjà très bien : brasser du vent en gaspillant l’argent des contribuables.
En politique extérieure, c’est loin d’être mieux : présenté au départ comme « américain » et « ami d’Israël », Nicolas Sarkozy s’est assez vite rangé aux positions les plus fangeuses du Quai d’Orsay et à la politique arabe de la France. Bachar Al Assad a été reçu avec les honneurs à Paris : il massacre son peuple aujourd’hui, sans que la France fasse davantage qu’énoncer quelques remontrances.
Mouammar Kadhafi a planté sa tente à quelques mètres de l’Élysée, et il a suffi, quelques mois plus tard, d’un coup de téléphone de Bernard-Henri Lévy pour que la France s’emploie à le faire tomber, puis assassiner par des islamistes antisémites. Mahmoud Abbas a été reçu très souvent à l’Élysée et a reçu un soutien clair de la France à ses activités de chef maffieux.
Nicolas Sarkozy a même comparé l’Autorité palestinienne au Vatican. Nicolas Sarkozy a tout fait pour se rapprocher de Barack Obama qui, imprégné d’un mépris profond pour l’Europe, n’a cessé de le dédaigner. L’élection présidentielle ayant lieu dans trois mois, Nicolas Sarkozy s’agite dans toutes les directions. Un jour, il se déclare partisan de la taxe Tobin qu’il dénonçait voici quelques années comme une ineptie gauchiste.
Un autre, il suggère une ouverture en direction du mariage gay, avant de se rétracter. Un autre, il célèbre Jeanne d’Arc pour imiter le Front National.
Parce qu’un autre candidat parle de réindustrialiser la France, il se met à parler de réindustrialisation. L’euro étant en péril, il s’est placé en première ligne en prétendant le sauver…
Ce qui pourrait encore permettre la réélection de Nicolas Sarkozy serait l’immense nullité de ses adversaires. Le débat actuel en France se situe au ras du plancher. Avoir autant de candidats et n’en avoir aucun qui tient un discours à la hauteur des enjeux, cela s’appelle le crépuscule. Si Nicolas Sarkozy se faisait réélire parce que ceux qui lui font face semblent plus nuls que lui, cela suffirait à indiquer où est tombée la France.
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