Rouxel Jean - dimanche 06 février 2005
Le week-end dernier a, une nouvelle fois, montré la puissance de la gauche en France.
Tout d’abord, le Parti socialiste réunissait ses secrétaires de section à la Mutualité. Et a donné aux observateurs un spectacle sur le thème : « Plus à gauche que moi, tu meurs ! ». Laurent Fabius a ouvert le bal, en réclamant une « opposition ferme, et non pas une opposition en caoutchouc » (sic). Son plaidoyer pour un ancrage à gauche est, pour partie, un calcul politicien. Mais il contribue à durcir encore le PS dans un collectivisme qu’il est désormais seul à défendre en Europe. D’autant plus que les autres leaders du parti ne veulent pas être en reste et en rajoutent encore…
Mais, c’est à droite que le spectacle est le plus inquiétant.
Alors que nous avons dépassé la moitié du mandat, il serait difficile de se faire encore la moindre illusion sur le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et de Jacques Chirac.
Les deux années qui viennent étant pré-électorales, on voit mal comment on pourrait assister à une baisse des dépenses publiques. Au contraire, le plus vraisemblable sera une inflation des revendications catégorielles, auxquelles le Président s’empressera de donner satisfaction.
Beaucoup ont donc reporté leurs espoirs sur Nicolas Sarkozy. Nous avons eu l’occasion de dire ici à la fois l’intérêt que nous portions à l’action du nouveau président de l’UMP et nos craintes à l’égard de son positionnement idéologique – en particulier, devant son refus du clivage droite-gauche.
Son premier déplacement en province, dans le Nord, à la fin de la semaine dernière, n’a fait qu’augmenter ces craintes. Chacun aura pu entendre que le rival de Jacques Chirac « avait un cœur et qu’il battait à gauche ». Et de donner en exemple sa réforme de la prétendue « double peine », lorsqu’il était ministre de l’Intérieur…
Là encore, il est très probable que les calculs électoraux l’emportent sur le positionnement idéologique. Nicolas Sarkozy a sans doute pris acte de sa mauvaise image d’« ultralibéral ». Il paraît donc choisir la stratégie de Chirac : mainmise sur la droite et discours de gauche. Et il y sera d’autant plus contraint qu’il semblerait que Chirac essaie de le « border » sur sa droite, en particulier en traitant fort bien Villiers – avec peut-être en tête d’en faire un candidat de premier tour…
En tout cas, une absence de positionnement idéologique est déjà un choix : celui du plus fort. C’est-à-dire, aujourd’hui, le choix de la gauche…
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