Lambert Christian - mercredi 06 octobre 2010
2012, islamistes
La bataille électorale pour 2012, déjà, bat son plein. On ne pense qu’à cela. Chaque mot prononcé, chaque décision prise par le Pouvoir, ne le sont qu’en fonction de l’élection présidentielle. Les candidats se mettent en ordre de bataille. Ils rédigent leurs slogans et affûtent leurs poignards politiques.
À droite, je veux dire dans les formations que l’on dit de droite, on compte à ce jour : Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Dupont-Aignan, et la vraie droite avec Marine Le Pen, que l’on qualifie d’extrême, donc fasciste, donc nazie…
Au centre, François Bayrou, Hervé Morin, ministre des Armées, et sans doute Bernard Tapie pour le Parti radical de gauche, homme d’affaires, comédien, ancien ministre de la Ville de Mitterrand, Tapie, dit Nanard qui devait à coups de milliards résoudre les problèmes des banlieues… On voit ce qu’il en est !
À gauche, on relève les noms de Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls, Chevènement, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen, Jean-Luc Mélenchon du parti de la « vraie gauche », le PG, plus le représentant du Parti communiste, plus Olivier Bensancenot, plus les Verts rouge-écolo, Mmes Eva Joly et Cécile Duflot… ça nous en fait déjà presque une vingtaine.
Mais n’étant pas politicien d’arrondissement professionnel, je ne les connais pas tous et cette longue liste va certainement encore s’allonger. On va tomber dans le royaume de la calculette. « Combien de voix ça va nous faire ? » Et le « pognon », il faut le trouver. À ce sujet, je rappelle que la grande majorité de ces candidats sont rétribués confortablement grâce aux contribuables. Heureusement pour eux, les impôts vont augmenter ! Bref, tout cela, c’est ce que le général De Gaulle appelait la « démocrassouille ». Quand, enfin, en serons-nous délivrés ?
Pour cela, il aurait fallu, pour commencer, inscrire dans la constitution un seul septennat non renouvelable, alors qu’avec deux quinquennats, on est en campagne électorale permanente. Ne parlons pas de ceux qui ont déjà commencé leur campagne pour 2017. Et pourquoi pas 2027 ? En un mot, c’est la foire d’empoigne et elle va durer, je peux vous l’assurer, avec pour perspective prochaine la possible nomination de Jean-Louis Borloo, en remplacement de François Fillon qui, lui, est sérieux.
Une nomination dont, au demeurant, les Français se contrefichent éperdument.
À la vérité, de cette foire, une réalité s’impose : Nicolas Sarkozy, aujourd’hui très impopulaire, ne peut réussir en 2012 qu’avec l’apport des voix du Front national qui lui ont permis d’être élu en 2007, mais il n’est pas sûr qu’ayant été trompés une fois, les électeurs du FN accepteront d’être trompés une deuxième fois. Alors, nous risquons fort d’hériter de Martine Aubry, la dame des 35 heures et de la gauche dure, présidente de la République française et alors, bien sûr, les choses iront plus mal encore !
Il va sans dire que tout cela est dérisoire au regard de la menace islamique de plus en plus forte qui pèse sur notre pays. En quelques années, Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) – que dirige « l’émir » algérien Abdel Malek Droukdal, fort bien secondé par l’Algérien Abdel Hamid Abou Zeid, auteur de l’enlèvement des cinq Français à Arlit au Niger, après celle du Français Michel Germaneau égorgé le 25 juillet, ces Algériens étant tous issus du groupe extrémiste « salafiste pour la prédication et le combat » –, dont les partisans sont nombreux en France, s’est imposée dans la région.
Bref, pratiquement, Al Qaïda est en passe de dominer toute l’Afrique sahélienne et une partie de l’Afrique noire en bordure du Sahel où il opère sans problème, se renforçant chaque jour pour atteindre son objectif : importer le terrorisme en France. Il est probable que les fanatiques d’Al Qaïda y parviendront. Ils sont bien organisés. Ils ont de l’argent grâce aux rançons versées (le tarif pour la libération d’un Français enlevé, c’est 4 millions d’euros), plus la dîme sur le trafic des stupéfiants qui transitent par l’Afrique à destination de l’Europe et qui porte sur des milliards de dollars. Ils ont des armes, des véhicules et surtout des effectifs, de jeunes Arabes, des Touaregs, des Noirs du Nord-Nigéria qui s’enrôlent dans une organisation dont le programme est séduisant pour eux : la conquête de l’Occident et la revanche de l’islam, qui leur donne un emploi et un idéal. Al Qaïda dispose également de relais en France où, comme chacun sait, résident plus de 6 millions de musulmans. Les volontaires pour des attentats-suicides en France seraient déjà nombreux.
Le jour où une bombe humaine explosera un dimanche matin dans Notre-Dame de Paris (50 morts, 120 blessés), ce jour-là marquera le commencement d’une série ininterrompue d’attentats meurtriers aux effets dévastateurs. En même temps que cette menace (que n’ignorent pas les autorités) s’alourdit, un autre danger se profile, immédiat et de même nature : c’est celui de l’engagement militaire progressif en Afrique sahélienne où, déjà, sont touchés par Al Qaïda le sud du Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le nord du Nigéria, l’ouest du Tchad, le sud de la Tunisie, l’ouest de la Libye et tout le sud de l’Algérie. La guerre d’Algérie, la guerre en Afghanistan devraient servir de leçon. Je redoute qu’il n’en soit rien, l’engrenage étant déjà enclenché.
Certains sans doute diront que cette analyse est trop pessimiste. À ceux-là, je répondrai que j’ai souvent côtoyé des stratèges de « haut niveau » qui ne cessaient de proclamer que « nous gagnerons parce que nous Français, nous sommes les plus forts, les plus intelligents, tous les autres n’étant que des c… » C’était des courtisans. Ils se sont toujours trompés en trompant tout le monde. Attendons la suite…
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