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Pornic : un assassin et ses complices |
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Milliere Guy - mardi 08 février 2011
violences
Une jeune femme a été violée et assassinée, à Pornic, voici une quinzaine de jours. Son corps vient d’être retrouvé, atrocement démembré.
C’est, direz-vous, un viol et un meurtre de plus, et certains me répondront que, statistiquement, le nombre des meurtres diminue. C’est, à mes yeux, un viol et un meurtre de trop.
Nicolas Sarkozy a fait preuve de son « émotion », bien sûr, et je ne veux pas douter de sa sincérité. Il a parlé de « fermeté », et sans doute est-il sincère là encore. Mais la sincérité n’est pas ce qui compte.
Ce qu’il faut dire, c’est que le violeur et assassin présumé n’aurait jamais dû être en liberté. Son casier judiciaire semble long comme un roman de gare et compte des vols avec violence et des viols, déjà. Il aurait été arrêté plus de dix fois. Il a été décrit comme dangereux. Il n’en était pas moins dehors.
On va mener des débats sur la récidive et, là encore, sortir des statistiques. Un mort innocent n’est pas une statistique. La place d’un criminel, a fortiori celle d’un récidiviste, est en prison. Dans la plupart des États des États-Unis, toute personne ayant déjà commis deux crimes, même relativement mineurs, et arrêtée pour un troisième, est condamnée à la perpétuité réelle. Cela n’empêche pas, certes, des malades mentaux dangereux d’être dans la nature, ainsi le tueur fou de Tucson récemment, mais des mesures existent pour protéger la liberté et la vie des gens qui ne sont pas criminels, même si cette protection n’est pas parfaite.
En France, et ailleurs en Europe, le mot « perpétuité » est devenu une imposture : quelques personnes sont condamnées à trente années incompressibles d’incarcération, mais c’est rare.
Un assassin passe, en moyenne, quinze ans en prison et a toutes les chances de pouvoir recommencer. S’il se conduit bien, il bénéficie de permissions de sortie avant la quinzième année. S’il est considéré comme ayant des problèmes mentaux, il peut être considéré irresponsable de ses actes, soigné jusqu’à ce que des psychiatres le déclarent guéri, puis relâché plus vite encore, quitte à montrer rapidement qu’il n’était pas guéri du tout.
C’est tout le dispositif présentement en place qui est gangrené et qui semble difficilement réformable. On peut voter toutes les lois imaginables, tant que la perpétuité réelle ne sera pas rétablie et que des mesures permettant, en cas de récidive, de passer rapidement à la perpétuité réelle ne seront pas en place, tout ne sera que longs discours.
On peut voter des lois autant qu’on veut, la magistrature est imprégnée d’idées menant à considérer que le criminel est une victime de la société et à oublier les victimes, ou à les considérer comme des chiffres sur une feuille de papier. Tant que la magistrature en France sera ce qu’elle est, les longs discours seront bons pour la corbeille.
C’est en réalité tout le droit, tout le fonctionnement de la police, autant que celui de la justice, qui seraient à revoir. Je l’ai dit plusieurs fois, la présomption d’innocence n’existe pas en France et tout contrôle d’identité est une atteinte à la présomption d’innocence. La police est omniprésente pour contrôler les identités ou pour traquer les automobilistes, mais elle ne rentre plus dans sept cents zones de non-droit. Un policier qui tire sur quelqu’un qui le menaçait d’une arme risque sa carrière.
Dans une émission de télévision récente, un spécialiste en sécurité donnait des conseils aux gens s’ils devaient se trouver face à des cambrioleurs : ne soyez pas agressifs, ne soyez pas violents, n’appelez pas la police, laissez-vous faire, et attendez qu’ils soient partis pour téléphoner au commissariat. Effectivement, un cambrioleur armé sur qui vous tireriez à la carabine porterait plainte contre vous. La police préfère venir après coup, car les policiers savent que leur capacité d’action est limitée.
De la même façon, au nom de la réhabilitation, nul n’a le droit de savoir si un violeur pédophile récidiviste emménage à côté de chez lui.
La gangrène est si profonde que j’en suis venu depuis longtemps à penser qu’il y a des criminels, et des centaines de milliers de complices. Certains complices sont magistrats, d’autres sont psychiatres, d’autres encore sont journalistes, politiciens, professeurs, avocats…
La gangrène tient aux dogmes qui constituent le fond de la pensée de gauche, qui vient éroder les notions de bien et de mal, de crime et de châtiment, ou de liberté et de coercition. À Pornic, il y a un assassin, et il a des complices si nombreux que je ne peux les compter !
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