Courrier - mardi 18 octobre 2011
La presse française devrait s'honorer de respecter dans ses colonnes la langue française. C'est pourquoi je suis assez exaspérée par trois fautes récurrentes qui semblent désormais s'imposer comme des règles même dans les journaux les plus sérieux.
1. L'emploi du mot, inventé, « gente » (le plus souvent suivi de l'adjectif « féminine ») au lieu du mot existant « gent ». Ainsi aujourd'hui, dans un article d'un supplément littéraire (un comble !), je trouve : « Pour ne rien dire de la gente féminine [...] préposée à la cuisine et à la couture. »
2. La conjugaison impropre du verbe « bruire » conjugué comme s'il s'agissait du verbe, inexistant, « bruisser ». Dans les pages des journaux, comme dans le vocabulaire des journalistes audio-visuels, la rumeur « bruisse » tout comme le Landerneau... alors qu'il faudrait dire « la rumeur (ou le Landerneau) bruit ».
3. L'emploi impropre du nom et adjectif « circassien, circassienne », pour désigner les gens du cirque. Or ce mot, s'il existe bien, ce n'est pas dans ce sens : il désigne les populations de l'antiquité devenues aujourd'hui les Tcherkesses... Rien à voir, sinon une ressemblance à l'oreille, avec le cirque...
Ce ne sont pas les seules fautes de français qui semblent s'imposer dans la presse mais si journalistes et correcteurs (dont souvent l'absence semble criante) voulaient bien s'appliquer à éliminer ces trois là, notre langue s'en porterait mieux.
Et s'ils voulaient bien éviter les féminins « jospinistes » et barbares en « eure », je les remercierais vivement...
Anne Lys
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