Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 10 novembre 2010
tea-parties
Ce numéro des « 4 Vérités » revient naturellement sur la large victoire des Républicains aux élections américaines de mi-mandat.
À mon sens, la principale révélation du scrutin tient à l’essor des Tea parties, dont nous reparlerons au cours des prochains mois.
Tous les commentateurs, ou presque (à l’exception notable d’Alain Dumait qui a publié un article sur un « tea party à la française », que l’on peut lire sur son site ou sur celui des « 4 Vérités »), se sont empressés de dire que ce mouvement serait impensable en France.
Je n’en suis pas du tout convaincu. Malgré des résistances fortes – qui viennent de l’extrême gauche, du centre bayrouiste et du FN –, notre vie politique, marquée à la fois par le scrutin majoritaire et par le quinquennat, tend à devenir de plus en plus bipartisane.
Or, c’est précisément le bipartisme qui est la condition nécessaire d’un mouvement comme les Tea parties. Les deux « partis de gouvernement » (démocrates et républicains aux États-Unis, UMP et PS en France) deviennent de plus en plus des « attrape-tout » et perdent donc inévitablement toute identité idéologique. Ils ont inévitablement tendance à gouverner au centre. Et rien ne ressemble davantage au centre-droit que le centre-gauche !
Ce vide idéologique ouvre un boulevard à des mouvements qui ne souhaitent pas se constituer en partis, mais souhaitent imposer leurs idées à l’ensemble de la classe politique.
C’est ce qui s’est passé avec les Tea parties. Il est peu probable que ce mouvement ait les moyens (ni la volonté) de devenir un tiers parti. En revanche, je ne serais pas surpris qu’il soit en mesure, au cours des années à venir, de barrer la route à des candidats trop éloignés de sa plate-forme de gouvernement.
Or, cette capacité de « veto » est à la portée des associations libérales et conservatrices françaises (Contribuables Associés, Sauvegarde retraites, Avenir de la culture, SOS éducation…). Chacune de ses associations, à elle seule, pourrait sans doute faire battre deux ou trois candidats aux élections législatives.
Si ces associations s’accordaient, il est évident qu’elles auraient un poids politique considérable : elles seraient capables de représenter plusieurs centaines de milliers d’électeurs, et surtout un noyau homogène d’électeurs, capable de forcer les candidats de droite à se « droitiser » et de faire hésiter les candidats de gauche avant d’émettre des propositions démagogiques.
C’est ce qu’ont fait les Tea parties lors des élections et, plus encore, lors des primaires. Rien ne s’oppose à ce que nous en fassions autant…
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