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Dumait Alain - dimanche 24 octobre 2004


Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore pu prendre connaissance du rapport que Michel Camdessus vient de remettre au ministre de l’Économie et des Finances, Nicolas Sarkozy, intitulé « Vers une nouvelle croissance pour la France », et qui, selon les quelques articles déjà parus, dresse le bilan des blocages dont souffre notre société, et propose des solutions de réformes. Mais je ne doute pas du grand intérêt de ce document, sur lequel je reviendrai sans doute.
Dans mes activités de journaliste économique, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Michel Camdessus. Il était à la direction du Trésor, avant de devenir gouverneur de la Banque de France puis directeur général du Fonds Monétaire International. Un beau parcours de haut fonctionnaire. Mais l’homme est beaucoup mieux que ça. Il faut d’ailleurs noter que, s’il a fait l’ENA, il n’en n’est pas sorti inspecteur des finances, mais simple administrateur civil. S’il appartient à la catégorie des technocrates, il fait partie de ces bons serviteurs de l’État, toujours aimable, plutôt modeste, l’esprit ouvert.
C’est aussi, avec ses six enfants, un militant chrétien engagé qui, en 2000, accepta de succéder au journaliste Jean Boissonnat comme président des Semaines sociales de France.
Son travail, auquel une vingtaine de personnalités de tous bords a été associée, y compris certains syndicalistes, est de nature à réunir un large consensus. Non seulement au niveau du constat : la croissance de l’économie française décline et notre pays décroche par rapport à ses principaux concurrents ; mais également à celui des orientations pour les réformes, lesquelles sont, en gros, au nombre de trois : inciter au travail plutôt qu’au chômage ou aux loisirs ; réduire les dépenses publiques en réduisant en priorité le nombre des fonctionnaires ; simplifier et libéraliser le droit du travail. L’objectif étant de revenir à une croissance moyenne de 3 % et de ramener le chômage, qui actuellement flirte avec les 10 %, sous la barre des 5 %.
Avant même la parution du rapport Camdessus, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il en ferait certainement la base de son programme économique, d’abord, dès la fin du mois prochain, comme président de l’UMP, ensuite, probablement, comme candidat à l’élection présidentielle.
Avec ce document, qui s’ajoute à beaucoup d’autres, allant tous dans le même sens, ceux qui nous gouvernent ne manquent pas de bons diagnostics et de pertinents conseils. Pourtant, jusqu’à présent, les blocages demeurent et le déclin continue. Comme si le pouvoir politique, le vrai, c’est-à-dire non pas celui qui se trouve à l’Assemblée Nationale sur les bancs de l’UMP, mais celui qui se trouve à l’Élysée (dans les mains d’un homme qui, en 2002, au deuxième tour de l’élection présidentielle, a sans doute recueilli plus de voix de gauche que de droite), avait partie liée avec les forces du statut quo, les profiteurs du système tel qu’il est, les vrais conservateurs de notre temps, en tête desquels nos si chers syndicalistes stipendiés (joliment dénommés par le politiquement correct « les forces vives de la nation »…).
D’ici à 2007, date de la prochaine élection présidentielle - sauf accident toujours possible - la situation politique est comme bloquée. Jacques Chirac est là, restera là, inamovible dans sa ferme volonté de ne rien changer, en vérité, au système français de contrôle du pouvoir politique, fondamentalement basé sur la connivence entre la haute administration et les syndicats.
L’accession prochaine de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP constitue, indiscutablement, un motif d’espoir. On aura d’ailleurs remarqué que les études d’opinion montrent que sa popularité déborde largement les rangs de son parti pour atteindre sensiblement les électeurs du Front National… Mais, comme toujours en démocratie, tout dépendra de l’opinion publique. Et, face à une gauche peut-être requinquée, le courage de Nicolas Sarkozy - qui a au moins le cran de se dire « de droite » - sera largement fonction non seulement de ses propres convictions mais également de celles de ses électeurs.
C’est pourquoi il faut tout faire pour convaincre le plus grand nombre possible de Français de la nécessité et de l’urgence des réformes, en même temps que de leur faisabilité. Il faut encourager les députés UMP réformateurs, même quand Jacques Chirac les renvoie systématiquement sur leurs bancs. Comme il faut soutenir les organisations civiques du type « Contribuables Associés ! » qui, ce jeudi 21 octobre, met en kiosque le numéro 1 d’un nouveau magazine « Le Cri du Contribuable » qui, demain, peut devenir, avec votre aide, un nouveau média militant pour la réforme.

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Le sursaut Vers une nouvelle croissance pour la France
Remise du rapport du groupe de travail
présidé par Michel Camdessus

Disponible à la Documentation française
(29, quai Voltaire, 75007 Paris) - En ligne, gratuit : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000498.shtml


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