de Beaufort Hubert - lundi 18 octobre 2010
retraites, fonctionnaires
La revue Capital en a fait son titre au mois d’août dernier : face au pessimisme ambiant, les éditorialistes proposent les voies d’un redressement avec une croissance harmonieuse et durable permettant même de renouer avec le plein emploi.
Jacques Attali qui multiplie ses études et propositions demandés par le gouvernement estime le pari jouable, à condition que… Et c’est là que nous trouvons les préalables, car nous partons de très bas et le paradis proposé suppose non pas une, mais une série de révolutions économiques et sociales.
Au rythme actuel, notre dette qui atteint aujourd’hui 80 % du PIB, friserait les120 % en 2020 avec un scénario à la grecque et des intérêts de 120 milliards par an.
Nous avons un exemple : la Suède, qui a ramené ses dépenses publiques de 72 % du PIB à 54 % tout en comprimant le chômage de 9 à 4 %. Sa recette ? Faire fondre le nombre de fonctionnaires de 15 %, interdire aux collectivités locales de présenter un déficit deux années consécutives, exiger des services publics la même productivité que celle des sociétés privées, introduire une part de rémunération au mérite dans le salaire des fonctionnaires.
Timidement, trop timidement pour nombre d’experts, la France s’engage dans les réformes. Celle des retraites est engagée, encore bien timide lorsque l’on voit nos partenaires fixer la cessation d’activité entre 65 et 67 ans, alors que notre limite de 62 ans soulève une très forte opposition tant syndicale que politique. Dans ce domaine aussi, l’eldorado de 2020 demande une révolution des esprits, un consensus droite gauche sur l’acceptation des réalités, un consensus sur l’acceptation du fait que la mondialisation et le bon sens obligent à constater qu’on ne peut être seulement le champion des prélèvements, des déficits, du chômage et des congés payés.
Un préalable aussi : effectuer un recensement exhaustif des populations vivant en France sur le modèle qui a été adopté par les Etats Unis : 300 000 à 400 000 agents recrutés pour un an chargés de l’opération. En France une opération équivalente réclamerait 50 000 à 60 000 recrutements provisoires. Un recensement approfondi présenterait un double avantage : faire taire les contestations sur le chiffre de notre population et mieux saisir la qualité des minorités pour leur apporter des solutions appropriées.
Un paradis retrouvé est possible, il est à notre portée.Capital a proposé les voies de l’espérance : ce peut être une salutaire leçon.
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