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Présidence de l’UE : un gouffre financier


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Rouxel Jean - mardi 27 octobre 2009


Nos confrères de Mediapart, journal internet dirigé par Edwy Plenel, l’ex-directeur du « Monde » et (ancien ?) trotskiste, viennent de publier les chiffres d’un rapport de la Cour des comptes sur la dernière présidence française de l’Union européenne.

Même en faisant la part de l’anti-sarkozysme fréquent dans le microcosme médiatique, le rapport est accablant.
D’abord, un chiffre : la présidence française a coûté aux contribuables français 171 millions d’euros. Nous avons beau être habitués à des gabegies colossales, 171 millions d’euros pour six mois, cela fait tout de même une coquette somme de près d’un million par jour !

Mais, surtout, la Cour des comptes rappelle que les précédentes présidences avaient coûté 14,1 millions d’euros (en 1995) et 56,9 millions (en 2000). Avec une croissance aussi impressionnante, il vaut mieux que le tour de la France ne revienne pas trop souvent ! Si je calcule bien, avec une multiplication par 12 en 15 ans, en 2024, la présidence de l’UE nous coûterait la bagatelle de 2 milliards d’euros…

Mais, rassurez-vous, amis contribuables, votre argent a été bien utilisé. Voyez plutôt : 227 réunions ministérielles, 328 séminaires, 9 sommets…
Toutes ces opérations ne se sont cependant pas faites avec l’aval du parlement, lors du vote du budget 2008.

C’est ainsi que le sommet de l’Union pour la Méditerranée, dont on découvre pour l’occasion, qu’il nous a coûté la modique somme de 16,6 millions d’euros, a été financé de façon dérogatoire sur le budget de la présidence de l’UE, sans que quiconque ait autorisé le gouvernement à « distraire » ces 16,6 millions d’euros du budget de la présidence…

Accessoirement, une bonne partie de ces 16,6 millions ont été d’une utilité douteuse : ainsi, le Grand Palais a été entièrement réaménagé pour accueillir les délégations et nous avons dépensé 194 900 euros de jardinières ou 91 500 euros de moquettes arrachées dès le lendemain
On note aussi au passage que l’Élysée s’est offert à l’occasion un petit « bonus » budgétaire de 76 millions d’euros.
Des coûts exorbitants, des procédures dérogatoires (et même une « réquisition » pratiquée par Bernard Kouchner pour contrer le refus d’un comptable public d’engager une dépense…), beau bilan en vérité !
Au fait, le budget voté par le parlement ne servant à rien, nous pourrions au moins économiser les coûts de fonctionnement du parlement !…

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