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Privatisons l’hôpital public


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Poncins (de) Michel - mardi 03 février 2009

medecine
Entretien avec Michel de Poncin

Le scandale des hôpitaux est à l’ordre du jour…
L’état des hôpitaux publics est en effet calamiteux. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, se déclare satisfaite de ces hôpitaux. Elle est hélas ! bien seule. Au cours des fêtes, des patients ont souffert gravement aux urgences. Celles-ci ont dû faire face aux conséquences désastreuses des 35 heures. Un bébé vient de mourir d’une erreur de manipulation. Les grèves et les protestations ne cessent de s’amplifier dans les milieux médicaux et paramédicaux. La presse ne dit pas qu’à l’origine de la catastrophe se trouve la nationalisation de la santé. C’est la faute originelle : quoi de plus personnel que la santé ? Notre santé nous appartient en propre et nul n’est qualifié pour s’en occuper. L’idée de santé publique est, au surplus, une idée récente dans l’histoire et n’a aucune autre justification que la prospérité des tenants d’un pouvoir totalitaire, qui se développe à l’ombre d’un prétendu et faux intérêt général.

Vous parlez même de « mammouth » à propos des hôpitaux publics ?

Bien sûr, car tous les problèmes d’autres mammouths administratifs s’y observent. D’abord, la lenteur et l’inadaptation des décisions. Puis, le faux concept d’égalité. Or, la santé de chacun est par définition inégale ! Ensuite, l’abondance des lois. Depuis 1970, 23 plans ont été lancés pour sauver la Sécurité sociale et donc les hôpitaux publics (qui comptent pour moitié dans la déroute de la « Sécu »). Comme en tout autre domaine du désastre français, la production de lois innombrables, contradictoires, inapplicables et souvent inappliquées paralyse toute action efficace…

Quel rôle jouent les syndicats dans cette faillite de la « santé publique » ?
Comme dans tous les autres mammouths, les syndicats exercent cruellement leur pouvoir de nuisance à l’hôpital. Un directeur de service de l’hôpital Pompidou a avoué passer 30 % de son temps à régler des problèmes syndicaux. Que dire des patients qui arrivant à l’hôpital ne peuvent recevoir de traitement parce qu’il y a grève pour un problème d’informatique ?
Un récent rapport de la Cour des Comptes affirme que personne ne connaît le nombre d’employés travaillant à l’hôpital public, ni leurs salaires ! Le rapport met aussi en cause la nomination des médecins qui échappe à la direction des hôpitaux. Le personnel de ces hôpitaux bénéficie à vie des garanties de la fonction publique. En particulier, les absences pour maladie sont payées dès le premier jour, alors que dans le privé il y a trois jours de carence.

Pourtant, les Agences régionales d’hospitalisations créées en 1996 étaient censées mettre de l’ordre dans ce fouillis…
Certes, mais elles vont être chapeautées par des Agences régionales de santé dont la création est annoncée par une nouvelle loi – une de plus. Les premières ne servaient donc à rien ! Fabriquer de nouvelles lois et empiler les organismes : c’est le seul remède que l’État sait inventer. Il y aura donc dans les régions des sortes de ministères-bis, évidemment sans diminution notable des effectifs du ministère central.

Mais, alors, que préconisez-vous ?
Pour sortir du guêpier, la seule solution est de privatiser. On reviendrait aux fondamentaux : la santé est une affaire privée et nous devons avoir la liberté de nous adresser aux fournisseurs de soins les plus performants. Il y aura des inégalités et de la concurrence : l’inégalité est créatrice et entraîne tout vers le meilleur. Bien entendu, pour réussir, il faut dire la vérité aux Français.
Toute privatisation diminue de moitié les dépenses avec amélioration de la qualité. Remarquons au passage que la croissance irrésistible de la CSG et de la CRDS est le résultat du déficit permanent de la Sécurité sociale. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, vient d’avouer que « notre pays a les dépenses de santé par tête d’habitant parmi les plus élevées du monde ». Le Dr Vallancien, professeur à l’université de Paris-Descartes, a, quant à lui, déclaré : « L’hôpital produit environ deux à trois fois et demie moins de soins que les cliniques avec une qualité de soins qui n’est globalement pas meilleure. » La condamnation est sans appel !

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