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Prix alimentaires la dure loi de la réalité


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Rouxel Jean - mercredi 16 avril 2008

economie
Selon Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, 33 États seraient menacés par des troubles politiques liés au renchérissement des denrées alimentaires.

Dans ce contexte, la Banque mondiale et le FMI, souvent décrits comme les temples de « l’ultra-libéralisme », demandent des interventions urgentes des gouvernements – de ces 33 pays d’abord, mais aussi du reste du monde.

Quelle est la réalité ? L’augmentation de la demande de biocarburants, de la consommation, des coûts de transport, et la mise en jachère de nombreuses terres arables dans les pays développés, se conjuguent pour entraîner une forte hausse des prix alimentaires. La Banque mondiale estime cette hausse à un doublement au cours des trois dernières années !

On savait déjà que le contrôle de l’eau était un enjeu majeur pour le Proche-Orient. Nous (re)découvrons ces derniers temps la place des matières premières dans l’économie mondiale.

En un sens, cette crise tombe à point nommé pour nous rappeler une fois de plus que l’économie purement virtuelle – qu’elle soit socialiste ou de spéculation financière – n’a aucun avenir : les opérations financières n’ont d’intérêt que pour aider au développement à grande échelle de l’économie réelle, pas pour la remplacer.

Or, l’Occident en général et l’Europe et la France en particulier continuent à se gargariser des charmes de la « désindustrialisation ». Et l’UE pousse même l’aberration jusqu’à financer – sur les deniers du contribuable – la mise en friche des terres agricoles. De la fin des années 1990 jusqu’à la récolte 2007, il a même existé un taux de jachère obligatoire (!) de 10 % des terres. Fort heureusement, à l’automne dernier, ce taux de jachère obligatoire a été passé à 0 % pour tenir compte des tensions sur les marchés agricoles (le cours du blé a augmenté de 120 % en un an !).

Souhaitons que cette saine réaction marque le commencement d’un retour à la sagesse et que l’UE et les gouvernements non seulement ne reviennent pas à la scandaleuse jachère obligatoire mais cessent aussi de subventionner la mise en friche !
Et, pendant qu’on y est, peut-on se prendre à rêver que la France et l’UE redécouvrent par la même occasion qu’abandonner toute compétence industrielle, que fantasmer sur des usines entièrement délocalisées, comme naguère le patron d’Alcatel, n’est certainement pas de bonne politique dans la situation actuelle de la concurrence mondiale…

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