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Procès Chirac : on a occulté les vraies responsabilités


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Rouxel Jean - mercredi 21 décembre 2011

chirac
Le 15 décembre, Jacques Chi­rac a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour création d’emplois fictifs à la mairie de Paris.
Aussitôt, toute la classe parlante s’est congratulée devant cette « première », signalant la « fin de l’impunité ».

Même si j’exècre cette façon de tirer sur les ambulances, il est évidemment salubre que nul ne puisse échapper à ses responsabilités. Il reste que ce procès laisse un goût amer.

D’abord, parce que, pendant 12 ans, la France aura été gouvernée par un homme dont toutes les puissances étrangères con­naissaient les faiblesses judiciaires. Est-il besoin d’en dire plus sur la marge de manœuvre dont disposait Chirac dans les négociations internationales ? La France pouvait-elle sérieusement être dite indépendante et souveraine quand tous ses interlocuteurs disposaient du dossier Chirac ?
Le cas Chirac a également contribué à la dégradation du climat moral de notre pays. Se souvient-on encore de ces pancartes de 2002 où des dizaines de milliers d’étudiants défilaient en réclamant « Plutôt un escroc qu’un facho » ? Il est douteux que Le Pen soit fasciste. Mais il est bien certain que l’élection de 2002 n’a pas contribué à rehausser le prestige de la présidence !

Et, puis, il y a surtout la responsabilité de Chirac dans le déclin de notre pauvre pays.
Cette responsabilité est d’abord liée à son invraisemblable démagogie, qui a donné le « la » à toute la classe politique (après la démagogie mitterrandienne, dont la démagogie chiraquienne fut la « digne » successeur). Que de promesses insensées, que de mensonges, que de flatteries des plus bas instincts !

Et cette responsabilité a été aggravée par la seule idée politique fixe de Chirac : le refus de toute alliance avec le FN. Ce refus a permis à la gauche minoritaire de gagner pratiquement toutes les élections locales depuis 1995. Et a donné un poids moral exorbitant à une gauche pourtant discréditée par les scandales politico-financiers.

C’est sur cette responsabilité politique, et non sur des faits vieux d’un quart de siècle (et qui, en outre, étaient largement répandus sur tout l’échiquier politique), que j’aurais souhaité que Jacques Chirac fût jugé.

Mais, pour cela, il faudrait qu’il existe une véritable volonté de rupture. Or, partout, dans la campagne qui commence, on ne voit que semblable démagogie, semblable dévotion à l’État-providence, semblable indifférence à la réalité et semblable soumission à des intérêts bien éloignés de ceux du peuple français…

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